Vérités

 

Disclaimer : Malheureusement je ne suis pas le génie qui a eu l’idée de créer l’univers d’Highlander. Je ne fais qu’emprunter Duncan, Methos et les autres à leur propriétaire, ce cher Rysher et je ne me fais pas d’argent sur son dos avec la petite histoire qui suit.

Résumé : Et si les règles n’étaient plus suivies, comment réagiraient nos immortels adorés ? Et alors Sitalva révélerait-elle le mystère de son passé ?

Style : Aventures, amitié, amour, combats et … plein de Vérités !

Auteur :

Mara Jade

Adresse de l’auteur :

i.aubeAworldonline.fr

Note de l’auteur :

  1. On m’a fait la remarque que la base de cette histoire ressemblait à Endgame. C’est vrai, mais pour ma défense, je dirais que j’ai commencé cette histoire il y a pas mal de temps et qu’à cette époque, on ne savait même pas si le film serait tourné ou pas !
  2. Cette fanfiction reprend mon personnage de Sitalva, la première des immortels.
  3. Par contre cette histoire n’est pas la suite directe de la fanfic Seul au monde. J’ai un peu de mal à trouver une fin qui me plaise alors ce qu’il faut savoir c’est que Methos et Sitalva sont revenus de leur île ( je ne vous dis pas comment, sinon c’est pas drôle ! ), que Sitalva a rencontré son guetteur et qu'ils sont devenus amis ( comme Joe et Mac au début ), et qu’ils ont tous repris une vie normale.
  4. Il s’est écoulé deux ans depuis Seul au monde.

N.B. : Les ++++++ annoncent des flashbacks.

Remerciements :

Je tiens premièrement a dire un grand merci à Steph qui a eu la patience de corriger mes innombrables fautes d’orthographe mais aussi pour toutes ses suggestions. Grâce à elle cette histoire est plus agréable à lire surtout pour ceux qui on les cheveux qui se dressent sur la tête devant des fautes d’ortho (je ne site pas de noms, cette personne se reconnaîtra !)

Un grand merci aussi à mon médecin de père qui à bien voulu me faire un petit cours sur les poisons et qui ma donné tout le voc donc j’avais besoin.

 

BONNE LECTURE !

 

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Europe, lieu indéterminé, nuit, pleine lune.

La nuit, une forêt, un homme court.

Il court pour sauver sa vie, autour de lui, les arbres dressent leurs silhouettes menaçantes. La nature semble s’être liguée contre lui, ne lui présentant que des sous-bois épais et difficiles à traverser. Tous ces efforts ne lui avaient donné que des courbatures et des crampes dans tout le corps.

Depuis combien de temps fuyait-il ? Il ne le savait pas. Il avait perdu toutes notions du temps. Il ne savait même plus où il était précisément.

Pourtant, il le connaissait ce coin, il y était né, il y a près de trois milles ans ! Son épée à la main, il s’appuya contre un arbre et reprit son souffle. Son esprit réfléchissait à toute allure. Cette situation n’était pas normale, jamais elle n’aurait dû se produire.

Il savait que ses poursuivants se rapprochaient mais il n’avait plus la force de fuir, la chasse à l’homme allait bientôt prendre fin.

Mais il affronterait la mort comme un vrai guerrier. Un sourire se forma sur ses lèvres, il allait revoir les siens…

Il se redressa et adopta une attitude fière et calme.

Au bout de quelques instants, il aperçut les trois immortels qui le poursuivaient.

Il s’approchèrent sûrs de leur victoire.

Et malgré un courage extraordinaire, l’immortel tomba sous leurs coups dans ce combat qu’il ne pouvait pas gagner.

Sa dernière pensée fut pour tous ses frères immortels qui se battaient pour survivre et par une prière ils les recommanda à ses Dieux : " que les justes soient protégés de ceux qui ne respectent rien. ".

 

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Bar de Joe Dawson, Paris quelques jours plus tard.

La soirée n’était qu’à ses débuts mais le club était déjà presque plein.

A une table un peu à l’écart un groupe avait une discussion animée. On pouvait aisément reconnaître Duncan Macleod et Amanda en train de se disputer gentiment sur un sujet quelconque. Les observant attentivement, un autre couple était présent. Sita était tendrement assise sur les genoux de Methos qui l’avait enlacée d’un geste protecteur.

Les deux personnes les plus âgées de la planète suivaient la conversation, évitant soigneusement d’y prendre part.

Sita afficha un sourire en coin, elle savait que ces deux là ne se disputaient pas vraiment, mais qu’ils aimaient ça finalement. C’était leur façon de communiquer.

Ils étaient tous là depuis deux heures, et il y avait à peine dix minutes que Methos avait lancé par mégarde le sujet qui occupait leurs amis.

Au début les aînés avaient voulu calmer le jeu mais c’était peine perdue. Ils attendaient donc que ça se passe !

Sita semblait un peu dans les nuages. Ces derniers temps elle dormait mal. Elle faisait d’horribles cauchemars et se réveillait dans les bras de Methos en larmes. Elle ne comprenait pas pourquoi le passé venait la hanter maintenant, surtout que ces rêves faisaient référence à un passé plus que lointain. Enfin, il valait mieux pour l’instant se concentrer sur le présent.

Sitalva lança un regard circulaire à la recherche de Joe. D’habitude, le guetteur venait les saluer et discuter avec eux, mais ce soir ils ne l’avaient pas encore aperçu.

Methos lui glissa à l’oreille, doucement pour ne pas interférer dans le débat de Mac et Amanda :

METHOS : Tu cherches quoi ?

SITA : Joe, je ne l’ai pas vu de la soirée.

METHOS : Il avait sûrement des choses à faire plus importantes que de venir parler avec une bande de vieillards !

SITA : Eh ! ! !, dit-elle en lui flanquant un coup dans l’épaule. Parle pour toi !

Mac et Amanda sortirent de leur monde et regardèrent Sita, se demandant ce qui avait provoqué cette réaction.

AMANDA : Quoi ?

SITA : Pendant que vous vous disputiez sur le déficit du commerce extérieur de la Bolivie, Methos me dit avec subtilité que je suis… vieille !

Mac regarda Sita avec un grand sourire. Certes, elle était la première des immortels et personne ne connaissait véritablement son âge, pourtant on lui aurait donné à peine vingt ans ! Et comme toutes femmes, elle n’aimait pas que l’on parle de son âge.

METHOS : Tu es plus âgée que moi mon ange.

SITA : Et alors, tu n’es pas obligé de me le rappeler, non ?

A son ton, on sentait que Sita ne faisait que taquiner Methos.

METHOS : Je le ferai plus, parole de scout !

DUNCAN : Tu as été scout toi ? Demanda Mac, au bord du fou rire.

METHOS : Non, mais qu’est-ce que ça peut faire ?

Là Mac rit de bon cœur. Puis, il aperçut Joe et lui fit signe de les rejoindre. Methos et Sita se tournèrent vers l’arrivant. Mais tous se demandèrent ce qui se passait. Joe avait sa tête des mauvais jours. Il semblait fatigué et de larges cernes lui marquaient les deux yeux. Une fois à leur hauteur, il s’écroula sur une chaise et demanda un café au serveur.

Joe regarda les immortels et se demanda comment leur dire une chose pareille. Ces amis le fixaient en silence, attendant qu’il prenne l’initiative. Ils avaient des mines inquiètes, Joe se dit que se devait être à cause de son expression. Il venait de passer deux jours en cellule de crise au QG des guetteurs, il n’avait quasiment pas dormi et il avait avalé des quantités de café astronomiques.

JOE : On a un problème.

Il ne voyait pas comment formuler ça autrement. Mac, Amanda et Methos affichèrent une surprise grandissante qui contrastait avec le calme de Sita.

DUNCAN : Quel genre de problème ?

JOE : Le genre qui donne des cheveux blancs aux guetteurs.

METHOS : (en fronçant des sourcils) Il se passe quelque chose de grave ?

JOE : Oui. Ces derniers temps, on a enregistré des morts assez suspectes de certains immortels, mais cela ne nous avait pas alarmé avant que l’on fasse des recoupements.

AMANDA : Et alors, un tueur est en liberté ?

JOE : Des tueurs.

METHOS : Comment ça des tueurs, vous avez encore des guetteurs incontrôlables ?

JOE : Je n’ai jamais dis que c’était des guetteurs, ni même des mortels ! Certains guetteurs ont même été pris pour cibles !

AMANDA : Ce sont des immortels qui sont responsables ?

JOE : Oui.

DUNCAN : Mais comment ?

JOE : Il semblerait que nous ayons à faire à une bande organisée. Ils sont méthodiques et très bien entraînés. Ils ne laissent rien au hasard.

SITA : Combien sont-ils ?

C’était la première intervention de Sita. Sa voix était calme, mortellement calme. Même Methos ne put retenir un frisson.

JOE : Une douzaine peut-être plus. Tous ce que l’on sait, c’est qu’ils n’attaquent jamais à moins de trois…et cela sur n’importe quel sol. Ils ne respectent aucune règle et organisent de véritable exécutions !

METHOS : Il y a eu combien de morts ?

JOE : Au moins six, pour les immortels et deux guetteurs.

Six morts en si peu de temps. Il fallait qu’ils réagissent ! Mais comment ?

SITA : (toujours aussi calme, avec un ton très officiel comme un général donnant des ordres à ses soldats) Il faut prévenir le plus de monde possible et rester groupé un maximum. Un immortel qui restera seul sera une proie facile et tentante. Nous devons, dans un premier temps, nous regrouper puis on avisera…

Maintenant, Sita savait pourquoi son passé refaisait surface.

 

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Devant le bar de Joe, Paris, 11H30.

Methos, Sitalva, Duncan et Amanda sortaient de chez Joe. Les immortels étaient sur leurs gardes, prêts pour un danger qui pouvait survenir à n’importe quel moment. Après les informations que Joe venait de leur donner, ils étaient aussi très inquiets.

Certains immortels avaient déjà transgressé les règles mais jamais dans ces proportions. De plus, ils formaient un groupe assez nombreux et hétéroclite. Et personne n’avait eu l’idée de s’associer pour un massacre si méthodique des leurs. Des jeunes comme des anciens étaient tombés sous leurs coups. Joe leur avait dit les noms des immortels assassinés. Sita avait pâli à quasiment chaque nom. Elle les connaissait presque tous, certains étant de très bons amis.

Il fallait vraiment qu’ils restent groupé, c’était une évidence !

Sita venait juste de proposer à Duncan et Amanda de venir habiter quelques temps chez eux. Le couple avait accepté, sachant que c’était la meilleure solution. Cela semblait très étrange à Duncan de vivre sous le même toit que Methos et Sitalva, mais si c’était la seule façon de rester en vie, alors ? Pourtant ces deux là paraissaient si lointains !

Ils décidèrent de prendre tous la voiture de Methos. Il s’installa au volant, Sita à ses côtés, Duncan et Amanda derrière.

Comme leurs adversaires, ils avaient besoin d’organisation et d’un chef. Sita semblait un choix logique, même si elle ne voulait pas vraiment du rôle.

Mais depuis qu’ils avaient quitté Joe, Sita était perdue dans ces pensées. Elle réfléchissait. Elle savait à quel point la situation était grave, bien plus grave que dans les estimations les plus pessimistes de ses amis. Elle connaissait bien la personne derrière tous ça…

Mais pourquoi maintenant ?

La priorité restait de se rassembler. Il fallait éviter à tous prix de nouvelles exécutions. Sita savait qu’un grand nombre d’immortels étaient au courant de la menace même s’ils n’en mesuraient pas encore l’ampleur. Mais il restait les jeunes et les solitaires. C’est un problème qu’elle pouvait régler mais il lui faudrait un peu de temps.

Elle se força à retourner à la réalité et regarda la route. Methos avait pris le chemin de l’appartement.

SITA : Methos, dépose-moi là.

METHOS : Pardon ?

SITA : Laisse-moi là !

DUNCAN : Ce n’est pas une bonne idée.

METHOS : Pour une fois je suis entièrement d’accord avec Mac !

SITA : Ne vous inquiétez pas. J’ai juste quelques petites choses à faire…

METHOS : Mais…

SITA : Écoute, je suis une grande fille. Je serai très prudente.

A contre cœur Methos se gara.

SITA : Ne t’inquiète pas ! Et va plutôt à la maison, c’est bien plus grand.

METHOS : Mais on n'est que quatre !

SITA : Je vais sûrement y envoyer des immortels, je leur donnerai le code. Je leurs dirais que c’est un certain Adams Pierson qui les recevra.

METHOS : D’accord !

Sita ouvrit la portière et s’apprêta à descendre. Mais finalement, elle se retourna et embrassa Methos avec passion sous le regard médusé de leurs passagers. Sita donnait ce baiser comme si c’était le dernier. Peut-être que ce sera le cas…

METHOS : Je t’aime.

SITA : Je sais, dit-elle simplement.

Puis elle sortit et se noya dans la foule des noctambules.

 

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Bar de Joe, une semaine plus tard.

Methos, Duncan et Amanda étaient accoudés au bar. Deux autres immortels étaient présents. Ils avaient été envoyés par Sitalva à l’hôtel particulier. La somptueuse demeure se remplissait peu à peu d’amis de Sita et de leurs propres connaissances. Jamais, on n’avait vu autant d’immortels sous le même toit. La maison était immense, pouvant accueillir plus de trente personnes et cela dans le plus grand luxe.

Dès le début de leur cohabitation, ils s’étaient tous mis d’accord pour ne pas sortir à moins de cinq, ne voulant courir aucun risque. Les deux immortels qui les accompagnaient aujourd’hui étaient des amis directs de Sitalva. Le plus vieux, Erik, était un homme qui semblait avoir une trentaine d’années. Il leur avait expliqué que Sita lui avait donné des cours de… remise à niveau et comme ça, il s’était perfectionné à l’épée. Car, étant d’origine Viking, il se servait presque exclusivement de la hache jusqu’à une certaine époque. Le second était son élève. C’était un jeune homme de type asiatique, il portait les cheveux mi-long, ce qui lui donnait un air rebelle et très sexy.

Le maître quant à lui avait le physique typique des hommes du Nord, avec son teint pâle et ses cheveux blonds.

Methos les trouvaient très sympathiques et grâce à eux, il avait une autre vision de sa compagne. Il se rendait véritablement compte du rôle de Sita en tant que maître d’armes. Bien sûr, il lui était déjà arrivé de s’entraîner avec Sitalva mais ce n’était pas vraiment un cours d’escrime. La plupart du temps Sita retenait ses coups ne voulant pas le blesser. Personnellement, il savait qu'il n'aurait certainement pas pu la battre, elle était bien trop imprévisible et talentueuse.

Cela allait faire une semaine que Sita avait disparu. Pourtant, il avait quelques nouvelles par ceux qui arrivaient à Paris. Elle agissait comme un chef avant la bataille. Sita contrairement à eux, semblait connaître l’ennemi et prenait les mesures en conséquences. Cela rassurait les autres, même ceux qui ne connaissaient pas sa véritable identité, mais Methos ça lui faisait peur. Il la connaissait très bien et il savait que si Sitalva prenait les choses en main avec un tel sérieux, le problème devait être plus que grave.

Ils étaient là depuis près d’une heure, se parlent de leurs vies. S’étant déjà lassé du sujet actuel. De toutes façons, polémiquer sur le sujet des heures n’aurait comme conséquence que d’augmenter la tension et toutes leurs inquiétudes.

Joe arriva de l’arrière salle et se dirigea immédiatement vers ses amis. Le guetteur était évidemment au courant du rassemblement en cours de leurs protégés. Au QG des guetteurs les avis étaient partagés. La capitale française n’avait jamais vu une telle concentration d’immortels. D’ailleurs, ici ou ailleurs, c’était totalement inédit. Pas mal de guetteurs s’étaient retrouvés aussi suivant leur immortel jusqu’en France. Joe savait que les discussions au sein de l’ordre pouvaient durer des jours et que ce serait probablement trop tard. Il avait donc décidé de ne plus y assister et de voir s’il pouvait plutôt se rendre utile.

Le guetteur se présenta et demanda les dernières nouvelles. Il entra très naturellement dans la conversation. Lui qui s’était imaginé devoir se lancer dans toute une explication sur l’ordre était assez surpris. Les deux immortels étaient parfaitement au courant de l’existence des guetteurs et de leur mission. Ils s’étaient habitué à leur présence quasi constante, n’y faisant plus attention avec les siècles. A contre coup le guetteur trouva encore plus stupides les règles de l’ordre millénaire.

Alors que Joe demandait une précision à Erik, les immortels se figèrent. La présence était assez forte… mais ils n’attendaient personne.

Puis Yvan apparut dans l’encadrement de la porte. Methos se détendit et lui fit signe d’approcher. Methos était vraiment heureux de le voir. Il aimait le calme et la sagesse qui émanait de cet homme. Lui qui avait fait bien des guerres auprès de son empereur Charlemagne, était devenu un sage. Comme Darius, il avait compris la futilité des massacres sans se tourner pour autant vers la prêtrise. De plus, il aimait sa façon de traiter son épée comme une personne. Il lui avait même donné un nom : Genièvre !

Yvan salua Methos et se présenta aux autres. Puis il entra dans le vif du sujet.

YVAN : J’ai un message du maître.

METHOS : Elle va bien ? Ne put s’empêcher de demander Methos.

YVAN : Oui, elle est même en pleine forme. Elle me charge aussi de te dire qu’elle n’a pas pu te contacter car elle est en permanence sur la route et qu’elle ne voulait pas briser sa couverture.

METHOS : Ah ! Je comprends.

YVAN : Le maître m’a aussi demandé de vous dire à tous de rester sur vos gardes. Nous ne sommes pas les seuls à nous rassembler.

DUNCAN : Elle les a repérés ?

YVAN : Il semblerait, mais je ne suis pas au courant de tout. Le maître reste très… subjective sur le sujet et j’avoues que ça me laisse assez perplexe.

METHOS : Que veux-tu dire ?

YVAN : Je ne sais pas. Ce ne sont que des impressions mais elle prend ça comme une affaire personnelle et c’est loin de lui ressembler !

JOE : Mais elle sait qui est derrière toute cette histoire ? Demanda le guetteur.

YVAN : Oui, ça j’en suis sûr. Hier encore, nous étions à Hong Kong. Nous sommes tombés sur un groupe. Nous en avons eu deux mais le maître a laissé le troisième partir avec un message.

AMANDA : Un message ?

YVAN : Oui. Elle lui a dit : " va dire à Calahane de venir en personne la prochaine fois ! ".

DUNCAN : Calahane ? Joe ?

JOE : Ca ne m’évoque rien, mais je peux quand même demander une recherche.

YVAN : En tout cas je ne l’avais jamais vue comme ça elle était furieuse !

DUNCAN : Calahane… Adams, elle ne t’en a jamais parlé ?

METHOS : (songeur) Non… Mais même pour moi la vie de… Sita reste un mystère. Peut-être pas aussi épais que pour vous, mais quand même !

Il avait hésité à prononcer le nom de Sitalva, avant de se rendre compte que toutes les personnes présentes étaient au courant de sa véritable identité.

AMANDA : Et elle est où actuellement ?

YVAN : Quelque part en Europe, c’est tout ce que je sais.

METHOS : Tu sais quand elle a l’intention de revenir à Paris ?

YVAN : Elle ne devrait pas tarder. Le maître m'a demandé de revenir ici, c’est donc que les choses vont s’enchaîner rapidement. Il n’y plus qu’à attendre.

DUNCAN : Attendre…

Le Highlander espérait que ce ne serait pas trop long car la patience n’était pas vraiment sa spécialité !

 

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Lieu indéterminé de la région parisienne.

Des lames se croisent dans l’éclairage irréel de la lune.

Un homme va mourir.

Il le sait, il l’accepte mais se bat quand même.

Pour lui, pour l’honneur, pour son maître…

Puis la lame insidieuse passe sous sa garde.

Il meurt, Genièvre à ses côtés.

Yvan de Pontagenet, chevalier de Charlemagne n’est plus.

 

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Budapest, Hongrie, le même jour.

Sitalva avait le regard perdu dans le fleuve. Elle attendait depuis près de deux heures sur le pont principal qui enjambait le Danube. Elle était là dans le froid alors qu’une fine pluie la trempait depuis maintenant quinze minutes. Son manteau même doublé de fourrures laissait passer quelque peu le froid. Mais Sita qui avait connu des temps bien plus durs n’y prêtait même pas attention.

Elle était là pour rencontrer un immortel hongrois mais plus le temps passait moins Sita avait d’espoir de revoir son ami vivant. Cette course contre la montre commençait à la lasser. Une poursuite qui durait depuis près de quatre milles ans ! Elle n’en pouvait plus de voir ses amis disparaître un par un. Elle disait à ses élèves qu’ils s’y habitueraient, que la souffrance serait moins grande avec le temps…

Quel beau mensonge !

Sitalva savait qu’elle ne s’y habituerait jamais. Elle est d’un tempérament rebelle, jamais elle n’accepte quelque chose qui ne lui plaît pas sans se battre.Pourtant depuis quelques temps elle était assez défaitiste. Se demandant même parfois si cela valait bien la peine de se battre.

Elle se sentait très mal, elle savait qu’elle était responsable de cette tuerie. Car la seule personne que ces renégats voulaient vraiment tuer c’était elle !

Elle était fatiguée, depuis une semaine, elle n’avait fait que courir de pays en pays. De Paris à Hong Kong en passant par Washington on bien Mexico, il lui semblait que sa vie était devenue une course contre le temps. Elle était même remontée dans un avion, surmontant toutes ses appréhensions pour sauver un maximum de vies. Mais elle avait l’impression d’arriver toujours trop tard !

Ses nuits étaient hantées par des cauchemars violents sur son passé et cela lui pesait lourd sur les épaules. Elle ne voulait pas que toutes les horreurs qui ont parsemé sa vie, la lui gâchent aujourd’hui. Elle n’avait vraiment pas besoin de ça !

Elle aurait tout donné pour être quelqu’un de normal. C’était utopique, elle le savait parfaitement mais ce n’était qu’un rêve !

Elle pensa à Methos et se demanda comment il réagirait si elle lui disait la vérité. Le prendrait-il bien ? Sûrement pas, c’était trop… gros ! Il ne pourrait pas comprendre et jamais plus il ne la considérerait comme aujourd’hui. Sita ne voulait pas perdre Methos. Elle n’en aurait pas la force.

Toutes les personnes qui avaient été au courant avait très mal réagi et à chaque fois qu’elle ne s’était pas contrôlée les problèmes qui avaient suivi avaient été monumentaux.

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Madrid, 1481.

C’était une pièce sombre, un cachot et seuls les deux flambeaux éclairaient le visage anguleux du prêtre. Il était à faire peur, son expression déjà sévère se remplissant de colère quand il posa les yeux sur la silhouette recroquevillée sur le sol de terre battu.

Sitalva était méconnaissable. Couverte de sang et de terre, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Depuis son arrestation elle avait perdu toute notion de temps. Il lui semblait que cela faisait des siècles qu’elle était dans la prison de la sainte Inquisition. Son corps lui paraissait n'être qu’une immense plaie, ressentant encore les blessures déjà cicatrisées depuis plusieurs jours. Elle était au bout de ses limites physiques, jamais elle n’avait vécu une telle situation.

Les prêtres depuis le début de son incarcération l’avaient accusée de tous les malheurs du monde. Elle n’avait plus la force de se battre contre l’obscurantisme de cette époque. Ils étaient sourds à tout raisonnement, voyant le diable partout et se cachant dans toutes les actions !

La souffrance de Sita était passée au-delà de la douleur du corps, elle sentait son esprit sombrer dans un puits sans fond. Sa colère augmentait mais elle ne voulait pas leur montrer, ça leur feraient trop plaisir. Elle devait se contrôler !

Pourtant, elle aurait pu tous les tuer, d’une seule pensée, d’un simple geste…

Mais elle ne devait pas. Ce serait leur prouver qu’ils avaient raison. Qu’elle n’était pas humaine… elle s’était fait une promesse il y a bien longtemps déjà, qu’elle ne se servirait de ses dons pour tuer un être humain, jamais plus !

L’inquisiteur principal s’approcha d’elle. Il la prit par les cheveux et lui souleva la tête. Son expression reflétait sa surprise devant le visage sans marque de sa victime.

IP : Sorcière !

Il la lâcha et se recula comme épouvanté. Sita essaya de se redresser mais sa force la trahit et elle ne put que se mettre à genoux. Elle n’avait rien mangé depuis un certain temps et commençait à en ressentir les effets.

Elle porta une main peu assurée à son visage. Les fers, elle se souvenait vaguement de la dernière séance de torture. Son esprit était comme dans un épais brouillard de plus en plus dense. Elle avait toujours cicatrisé très vite même pour une immortelle. Une des conséquences de son grand âge entre autres… elle s’en était souvent félicitée, mais pas aujourd’hui !

Ses pensées étaient loin d’être claires. Elle essayait de se raccrocher à la raison mais elle savait que c’était la folie qui l’attendait au bout du chemin. Elle se disait qu’il fallait garder espoir mais quant elle regardait au tour d’elle, elle ne voyait que la mort. Alors pourquoi lutter ? Peut-être que c’était dans sa nature. Cela lui arracha un sourire.

IP : Voyez ! Voyez, la face du démon ! Hurla-t-il en montrant Sita du doigt à l’adresse de ses acolytes.

SITA : Du démon ? Mais pourquoi avez-vous si peur de moi ?

IP : Tu es le mal, l’engeance du Diable.

SITA : Rien que ça ! Si j’étais la fille du Diable pensez-vous que je serais encore là ?

IP : Tu es là pour pervertir nos esprits mais nous sommes les gardiens du temple et nous te renverrons des enfers d’où jamais tu n’aurais dû sortir !

Sita s’écoula comme si le caractère décidément obtus du prêtre l’avait épuisé. Jamais elle ne pourrait le faire revenir à la raison. Ses superstitions et ses préjugés étaient bien trop encrés dans son être. Sita n’avait ni le temps ni la patience d’essayer de toutes façons.

Elle comprenait encore moins le mal qu’elle avait fait ! Elle avait seulement voulu sauver la vie à des gens qu’elle aimait. Elle n’avait pas réfléchi sur le coup. De toute façon qui aurait pu la voir ? La maison de Juan était très excentrée dans la forêt, elle ne pouvait pas savoir qu’un voyageur isolé allait passer juste à ce moment là. La maison était en feu, cette image serait à jamais gravée dans son esprit. Elle ne pouvait qu’entendre les cris des personnes coincées dans les flammes. Elle avait donc fait quelque chose qu’elle n’avait pas fait depuis des millénaires. Elle était allée chercher au fond d’elle-même cette puissance unique qui coulait jusque dans ses veines. Elle avait regardé le brasier et était rentrée en interaction avec lui. Elle avait fait un simple geste de la main et le feu s’était éteint. Cela l’avait rudement secouée et l’effort qu’elle n’était ni habituée, ni préparée à faire, l’avait terrassée. Elle s’était évanouie et quant elle avait repris conscience elle était déjà entre les mains de ses bourreaux.

Pourtant elle ne regrettait pas d’avoir sauvé la vie à Juan et à toute sa famille. Elle voulait que cela se finisse même si ce devait être par une mort… définitive. Sita aurait tant voulu que ses sens la trahisse ou bien laisser son esprit vagabonder vers des contrés plus joyeuses mais tout la ramenait à la réalité, à cette dure réalité.

IP : Le tribunal a délibéré. Tu vas mourir et toute ta perversion avec toi. Demain les flammes te purifieront, (soudant compatissant) que Dieu ait pitié de ton âme perdue.

Les flammes… Sita trouva ça très ironique sur le coup. Mais elle savait que son cauchemar allait prendre fin d’une façon ou d’une autre. Ce qu’elle ne savait pas c’est qu’elle se trompait…

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Sita observait toujours le Danube. Oh ! Ca oui ! Elle s’était bien trompée ! Certes elle avait survécu au bûché mais à quel prix ! Elle avait mis presque dix ans à s’en remettre. Ces années étaient très floues pour elle. Elle avait parcouru l’Europe ne sachant plus vraiment qui elle était, à moitié folle… Ce n’est que progressivement qu’elle était redevenue elle-même. Son passé lui revenait par brides incohérentes. La construction des pyramides d’Egypte, les jeux du cirque à Rome, la cour de Charlemagne… elle sentait sa tête sur le point d’exploser, tant de visages, de noms, de langues… Elle savait des choses sans savoir où elle les avait apprises.

Ce qui l’avait surtout amenée au bord du gouffre c’était toutes ces batailles, tous ces combats et ce sang !

Mais elle s’en était sortie. Et cela grâce à un ami…

 

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France, lieu indéterminé, 1486.

Sita ne savait pas pourquoi ses pas l’avaient menée jusqu’à cette église perdue au milieu de nulle part. Mais elle avait la sensation de bien connaître ce lieu. Elle s’y voyait rire et s’y sentait en sécurité. Une impression bien étrange pour elle.

Sitalva était habillée en garçon. Ses cheveux étaient coupés au bol et sa cape avec de la fourrure au col lui donnait une carrure plus impressionnante. Elle avait du choisir cette solution pour voyager car une femme n’aurait jamais pu parcourir les routes aussi librement. Son visage portait une cicatrice qui allait du front à la mâchoire, souvenir de sa mésaventure espagnole. Cette marque disparaîtrait dans un an ou deux, elle le savait. Elle ne se demanda pas comment elle était au courant, ayant arrêté de jouer à ce jeu depuis un certain temps.

Elle vérifia que son épée était à porté de main dans son fourreau sur sa selle et elle avança au pas vers le sanctuaire. Elle savait qu’elle n’avait rien à craindre des autres, c’était une terre sacrée… Encore une pensée obscure dont elle ne comprenait pas le sens!

En regardant l’enceinte elle se demanda ce qu’elle faisait là. Elle ne supportait plus de s’approcher d’une église pourtant elle allait vers le cloître sans aucune peur.

Elle descendit de cheval et attacha les rennes, prit son épée et franchit le seuil de l’édifice. C’est alors qu’elle sentit une présence dans sa tête. C’était comme si les cloches de l’église raisonnaient dans son crâne. Un moine qui priait devant une effigie de la Vierge se leva et s’approcha d’elle. Elle connaissait ce visage mais le nom de cet homme lui échappait…

SITA : Darius…

C’était plus une question qu’autre chose. Depuis quelques années elle se méfiait de sa propre mémoire. Le moine sembla surpris, il se rapprocha de Sita et la dévisagea.

DARIUS : Sitalva ? C’est bien toi ?

Sitalva… Ce nom lui était revenu mais quand elle le donnait les gens semblaient surpris. Elle avait donc décidé de s’appeler Philippe tant qu’elle resterait sous ce déguisement. Sita semblait déboussolée, elle ne savait pas quoi répondre.

SITA : C’est à vous de me le dire.

Cela laissa Darius complètement désorienté. Sita semblait si bizarre ! Se faire passer pour un homme ne lui ressemblait pas. Mais ce qui l’avait surpris c’était le ton de Sita. Sa voix était au bord de la cassure. Elle qui était toujours si forte… Et puis que voulait-elle dire par-là ?

SITA : Je suis perdue Darius. Aide-moi, je t’en prie !

Elle était en larmes, Darius lui ouvrit ses bras et consola son aînée. Jamais il n’avait vu pleurer la première des immortels. Il ne savait pas ce qu’il lui était arrivé mais l’aiderait…

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Sita savait qu’elle s’en était sortie grâce à Darius. Il avait pris le temps de lui parler. Il avait supporté ses colères. Il avait toujours été près d’elle et en même pas deux ans elle était presque redevenue elle-même.

Darius… Encore un ami perdu…

Un éclair zébra le ciel ce qui fit sortir Sita de ses rêves. Il n’est jamais très bon de revivre le passé. Surtout qu’elle avait déjà assez de fils à retordre avec le présent !

Elle se reprit, remarquant à peine qu’elle était trempée et marcha vers la sortie du pont. Elle n’avait plus rien à faire à Budapest mais elle devait encore aller à Moscou !

Tout d’un coup elle ressentit une vive douleur dans la poitrine. C’était comme si on venait de lui arracher le cœur. Elle tomba à genoux, le souffle court.

SITA : Yvan ! Non pas ça !

Elle savait qu'Yvan venait de se faire tuer. Elle se redressa lentement en prenant appui sur la balustrade. Elle maudit ses ennemis et leur lâcheté. Ils allaient lui payer ça. Car si c’était la guerre qu’ils voulaient, c’est tout ce qu’ils auraient !

 

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Paroisse de Liam, deux jours plus tard.

L’église était pleine. Dans certaines périodes les gens sentent le besoin de se rassembler pour oublier les dangers qui les menacent. Pourtant aujourd’hui, ce n’était pas le cas, la célébration leur rappelait plutôt à quel point ils étaient vulnérables.

Aujourd’hui, on enterrait Yvan.

Jamais, on avait vu une telle concentration d’immortels. Le bouche à oreilles avait bien rempli son contrat. De plus en plus d’immortels arrivaient à Paris. Cherchant à rompre avec leur isolement. Car ils avaient bien plus de chance de rester en vie s’ils restaient groupés. Il y avait des immortels de toutes les époques et de tous les horizons possibles. Certains ne connaissaient pas Yvan mais étaient en relation avec quelqu’un qui l’avait connu. Tous étaient pourtant d’accord, c’était un sage, il avait été un très grand guerrier du temps de Charlemagne, mais les siècles lui avait donné plus que de l’expérience. Une maturité et une grandeur d’âme que certains immortels, même très attentionnés mettent des millénaires à avoir.

Dans l’église, le corps était posé sur un brancard mortuaire, enveloppé dans un linceul rouge sang. Yvan avait donné des instructions précises pour ses funérailles, il y a déjà bien des siècles. Il voulait reposer près des siens dans la crypte de son château. Des terres qui lui avaient été données par son empereur et ils avaient toujours tout fait pour les conserver. Sa dernière demeure était prête depuis la première croisade, il voulait partir dans la simplicité. Une cérémonie religieuse en latin et une mise au caveau sans cérémonie d'adieux avec pour seule compagne Genièvre, son épée.

Mais la cruauté de leurs ennemis semblait sans bornes, refusant à leur victime ses dernières volontés. En effet, ses meurtriers avaient pris Genièvre comme un trophée macabre, comble du non-respect des règles !

Au premier rang, une chaise était vide. Sur cette chaise était posée une rose blanche qui symbolisait l’absence du maître d’Yvan. Même si très peu de personnes savaient que Sitalva était son maître d’armes, tous savaient ce que représentait cette fleur.

Liam conduisait la cérémonie avec beaucoup de soins et d’émotion. Lui, il avait déjà rencontré Yvan et il avait tout de suite été frappé par cet homme qui resplendissait de sagesse. De plus, Yvan était devenu un ami et à chaque fois qu’il était à Paris, il passait le voir. Et aujourd’hui, celui qui était devenu son confesseur dirigeait ses funérailles.

Liam se demandait où pouvait bien être Sita. Cette même question trottait aussi dans la tête de Methos et Duncan. Ni l’un ni l’autre n’avaient eu de nouvelles de Sita depuis trois jours. Elle avait juste faxé un mot : " Je dois encore régler quelque chose. Ne t’inquiète pas. Je t’aime. Sita. ". Et depuis Methos s’inquiétait. Surtout qu’entre temps Yvan était tombé dans une embuscade. Que pouvait-elle faire ? Allait-elle bien ?

Alors que tout le monde était levé pour un psaume, une présence se fit sentir. C’était extrêmement fort, il devait y avoir plusieurs immortels. L’assemblée était comme prise dans la glace. Dans un premier temps les immortels se figèrent et tournèrent lentement la tête vers l’entrée du sol sacré. Puis les mortels, remarquant le changement d’attitude de leurs voisins, suivirent le mouvement. Même Liam s’était arrêté et attendait.

Puis de la pénombre du fond de l’église se dégagèrent plusieurs silhouettes.

Sitalva apparut alors sous la clarté presque surnaturelle des vitraux. Liam se détendit ainsi que tous ceux qui connaissaient la première des immortels.

Elle était habillée de noir de la tête aux pieds. Une robe courte et des bottes montantes et pour compléter sa tenue une jaquette cintrée et élégante. Ses cheveux avaient retrouvé leur couleur naturelle. Sa coiffure d’un noir d’ébène était juste faite d’un chignon natté assez austère. Dans ses mains elle tenait un objet enveloppé dans un châle rouge sang.

Elle s’avança dans la nef dans un silence très lourd. Le seul bruit qui était audible était le claquement léger de ses bottes sur le carrelage de l’église. Alors qu’elle marchait vers le corps d’autres immortels sortirent de l’ombre.

Methos reconnut Laura, la celte, Marc-Aurél, le romain par contre le troisième il ne l’avait jamais vu.

AMANDA : Nick ? Murmura Amanda d’un ton peu sûr.

Duncan regarda le jeune homme surpris, c’était donc lui le fameux Nick Wolf. Amanda lui avait raconté comment il était devenu immortel. Puis qu’il était parti vers d’autres horizons sans rien dire à Amanda. Duncan avait retrouvé Amanda juste après cette histoire et elle en était assez secouée. Ne faisant que s’inquiéter pour cet homme.

Nick se plaça à la droite de Sita légèrement en retrait. Il détacha son regard de son maître et observa l’assemblée jusqu’à ce qu’il trouve Amanda. L’immortelle le dévisagea. Il semblait tendu et fatigué. Elle réalisa que la présence de tant d’immortels, plus celle de Sitalva devait être difficile à supporter pour lui. Ils ne s’étaient pas perdus de vue depuis très longtemps mais il sembla à Amanda que Nick avait changé. Il avait gagné en assurance et en prestance.

Étrangement Amanda ne lui en voulait pas d’être parti comme un voleur. Il avait disparu pour se reconstruire une vie, se trouver un maître… combien de fois l’avait-elle fait ? Et le retrouver avec la tête sur les épaules était déjà un grand soulagement.

Sita salua de la tête Liam et s’approcha du corps d’Yvan, les trois autres immortels ayant stoppé à quelques mètres de Sita. Elle dévoila alors l’objet qu’elle semblait garder si jalousement. Liam reconnu l’épée d'Ivan. Elle plaça avec douceur Genièvre dans les mains de son propriétaire et déposa un baisé sur le front glacial de son élève. Dans chacun de ses gestes transparaissait tout l’amour qu’elle portait à Yvan. Pas comme une amante mais plutôt comme une mère traiterait son enfant.

Sita se redressa et alla à la chaise qui lui était réservée. Elle prit la rose et se mit dans le rang. L’assemblée était médusée. Comment cette jeune fille pouvait-elle être le maître d’Yvan ? Elle paraissait si fragile. Pourtant son regard ne trompait pas. Elle avait de l’expérience et une force intérieure peu commune. Mais physiquement, elle était une jeune fille de dix-sept ans…

A l’office étaient présents une trentaine d’immortels. Parmi eux à peine la moitié avait déjà croisé Sitalva mais une infime partie savait qui elle était réellement.

Les trois immortels qui l’accompagnaient se trouvèrent une place mais personne ne faisait attention à eux. Tous les regards étaient posés sur ce petit bout de femme qui les avait convoqués dans la capitale française. Ils se demandaient qui elle était pour avoir tant de pouvoir sur ses semblables.

Car c’était elle qui les avait rassemblés, c’était d’elle que venaient toutes les consignes et les mises en garde. De plus la plupart d’entre eux logeait chez elle dans son superbe hôtel particulier parisien. Ce qu’ils savaient pour la plupart, c’est que l’hôtel appartenait au maître d’Yvan et que les ordres aussi. Ils s’étaient imaginés un homme grisonnant et se retrouvaient avec une femme de même pas vingt ans. Mais ils savaient aussi que l’apparence était souvent trompeuse pour des gens comme eux.

Une fois à sa place, elle sembla juste remarquer le calme presque surnaturel qui s’était installé sur l’église. Alors d'une voix étrangement sûre d’elle, Sitalva s’adressa à Liam en latin.

SITA : Je t’en prie, Liam, poursuis.

 

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Le service s’acheva une heure plus tard sans qu’un autre événement vienne le perturber. Alors que les immortels suivaient le mouvement, Liam qui était resté en arrière rattrapa Sitalva qui suivait la dépouille. Le corps d’Yvan serait emmené jusqu'à sa région natale et mis en terre sans cérémonie comme il le souhaitait. Le prêtre arriva alors que le corps était chargé dans le corbillard et recouvert de fleurs. Tout le monde observait Sita, guettant la moindre réaction de sa part. Elle regarda le corbillard s’éloigner et comme sortant d’un rêve elle se retourna vers l’église. Liam se détacha de la masse et s’approcha de Sita.

LIAM : C’est bien que tu aies pu venir, maître.

SITA : Oui, même si je n’aurais jamais cru assister à ça…

LIAM : Ca va ?

SITA : Ca fait mal Liam… J’ai le cœur qui saigne…

Methos prit alors Sita part la taille et l’attira contre lui, ce qui provoqua un élan de curiosité. Mais le vieil immortel savait que Sita aimait Yvan comme un fils. Et même si elle n’avait pas versé une seule larme, la blessure n’en était pas moins profonde. Elle souffrait mais Methos soupçonnait qu’il y avait quelque chose de plus ancien, de plus secret qui la torturait.

Sita s’avança, le groupe la suivant presque par instinct. La première des immortels se dirigea vers le square du quartier. Elle avait besoin de calme pour affronter ce qui allait suivre. Une fois arrivée, elle s’assit et fit face à tous les immortels. Et là elle prit réellement conscience que toutes ces personnes attendaient qu’elle s’exprime. ils voulaient des réponses, comprendre…

Pour une fois elle accepta son rôle de chef.

Elle rassembla ses idées et se lança.

SITA : Écoutez-moi, aujourd’hui pour nous tous c’est une situation inédite. Je sais que vous avez des doutes, je vous comprends. Pourtant ce n’est plus vraiment le moment d’en avoir.

Elle s’arrêta observant la réaction des autres. Ils étaient tous suspendus à ses lèvres. Elle continua.

SITA : Directement ou indirectement, je suis responsable de ce rassemblement. Et si j’ai brisé la solitude de certains ce n’est pas sans raison. Comme vous le savez tous, nous sommes en danger. Mais à cette menace il n’y a qu’une seule solution, unir nos forces !

Un immortel d’origine Cheyenne : Mais contre qui ? On ne peut se battre que contre ce que l’on voit ! Notre ennemi est pareil au vent !

SITA : Notre ennemi est pourtant bien tangible. Mais il est organisé et est constitué pour la plupart de pantins qui obéissent au doigt et à l’œil de leur maître. Mais surtout, ils ne respectent aucunes règles, enfin pas les nôtres. C‘est ça qui leur a donné tant d’avantages jusqu’ici.

Un jeune : Mais qui êtes-vous pour nous donner des leçons ?

Le ton était agressif et cassant. C’était un très jeune immortel qui avait parlé. Il avait le look d’un punk assagi et comme toutes les personnes de son âge il était révolté et provocateur. Un murmure d’indignation s’éleva, généré surtout par ceux qui connaissaient Sita. Il est vrai que Sita paraissait le même âge que le jeune mais elle, elle était très loin de l’adolescence

Elle resta très digne. Et toujours assise, elle planta son regard dans celui du jeune. Ce dernier dut faire un effort incroyable pour soutenir ce regard glacial pareil à un puits sans fond.

SITA : Il est vrai que je manque à tous mes devoirs. Je me présente : Sitalvares de Toreskar de la haute famille de la montagne de Dernar. Mais vous pouvez m’appeler Sitalva, c’est plus court.

Tout le monde resta bouche bée. C’était la première fois qu’elle prononçait son nom complet. Même Methos ne l’avait jamais entendu. Mais même la façon dont elle l’avait prononcé était inédite. Dans le silence général elle continua.

SITA : Pour revenir à notre problème actuel, sachez que leur chef s’appelle Calahane et qu’il est extrêmement dangereux. Je ne vous cacherai pas non plus que sa véritable cible, c’est moi.

Methos qui s’était rapproché d’elle:

METHOS : Comment ça ?

SITA : C’est une chasse et le gibier c’est moi. Une course qui a commencé bien avant ta naissance mon ange.

METHOS : Avant ma naissance ? ? ?

Le ton de Methos en surprit plus d’un. Qu’est-ce qu’il y avait d’extraordinaire à ce que cette histoire soit plus vieille que ce jeune homme ?

DUNCAN : Mais si c’est une histoire entre toi et lui Sita pourquoi massacrerait-il des immortels ?

SITA : C’est une très bonne question Duncan. Pourquoi ? Pour me faire du mal, semer la panique, motiver ses troupes, passer le temps ! Tu as le choix ! Calahane n’accorde aucun prix à la vie. Il n’aime rien ni personne ! C’était mon combat mais maintenant c’est aussi le vôtre ! Même si j’ai tout fait pour que ce ne soit pas le cas, je n’ai pas pu l’empêcher !

LIAM : Mais que devons-nous faire ?

SITA : Nous allons devoir nous battre. Mais je n’oblige personne…

DUNCAN : Oui mais il est hors de question que tu sois la seule à te battre ! Ca nous concerne. Je suis Duncan Macleod du clan Macleod et je suis avec toi !

AMANDA : Moi aussi ! Dit Amanda avec véhémence.

Tous le monde : Je vous suis… Moi aussi… Je suis partant…

Tous les immortels répondaient à son appel comme un seul homme. Même Liam répondit par l’affirmative. Seul Methos garda le silence. Sita le remarqua et l’observa. Leurs regards ne se quittaient plus. C’était comme une conversation silencieuse. Où Methos donnait à sa compagne tout son amour et toute sa confiance. Car entre ces deux y avait-il besoin de mots ? Rien n’est moins sûr.

Sitalva se leva et alla se réfugier dans l’étreinte de son amant. Methos passa un bras protecteur autour de ses épaules et attendit patiemment qu’elle prenne l’initiative.

SITA : Bien, nous avons devant nous quelques jours d'accalmie. Nous devons en profiter pour envisager une tactique. Et apprendre à nous connaître, à compter sur les autres. Nous devons être une équipe !

DUNCAN : Et on commence par quoi ?

SITA : Par une bonne soirée et un bon repas ! Ca aurait fait plaisir à Yvan de nous voir réunis.

METHOS : Alors c’est parti pour la soirée du siècle ! Dit-il avec un immense sourire.

 

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Hôtel particulier de Sitalva, Paris 8°, quelques heures plus tard.

Sitalva remuait doucement une sauce dans une casserole et semblait mettre toute son attention dans cette tâche. Elle était dans son immense cuisine et préparait le repas. Dans cette activité, elle était aidée de sept immortels. Ici il régnait une ambiance bonne enfant. Au milieu des plats et des ustensiles circulaient des recettes parfois millénaires. Ils avaient décidé de faire chacun leurs spécialités et des huit qui avaient relevé le défi, on ne comptait que des virtuoses des saveurs.

L’odeur exquise qui venait de la cuisine attirait les curieux et Methos n’échappa pas à la règle. Il enlaça Sita par derrière et l’embrassa dans le cou.

METHOS : Ca sent drôlement bon c’est quoi ?

SITA : Du tores’ka, ça t’avance ?

METHOS : On se connaît depuis presque quatre mille ans et ce n’est qu’aujourd’hui que je découvre tes talents gastronomiques !

Mohamed, un immortel arabe de mille deux cent ans abandonna ses fourneaux pour les regarder ahuri. Comment pouvait-on aimer quelqu’un si longtemps ? Même pour lui qui n’était plus vraiment un jeune homme il lui était difficile de concevoir que des êtres aient quatre mille ou même cinq mille ans. Pourtant, il devrait y être habitué ! Les voix d’Allah sont impénétrables !

Notre couple n’avait même pas remarqué qu’il attirait l’attention comme s’ils étaient seuls dans leur monde.

SITA : Mais tu devrais attendre d’avoir goutté pour émettre un avis ! Je n’ai pas fais cette recette depuis l’invention de l’écriture !

METHOS : L’imprimerie ?

SITA : Non, j’ai bien dit l’écriture. Tu sais ces drôles de signes que l’on trace sur du papier et dont tu as noirci des tonnes pour ton journal…

METHOS : Ah ! Oui ! Ca me revient ! Et c’est à base de quoi ?

SITA : Tu ne veux pas non plus me demander le secret de la pierre philosophale tant que tu y es ?

METHOS : Je ne savais pas que c’était classé secret défense !

SITA : (en lui donnant un coup dans l’épaule gentiment) Allez, houst ! Va plutôt dire aux autres de mettre la table.

METHOS : Dans la grande salle ?

SITA : On est plus de trente, il faut bien ça ! Demande à Nick pour les couverts, dit lui de prendre ceux d’Espagne, il comprendra !

METHOS : (joueur) Oui, maître !

 

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Dans le grand salon une quinzaine d’immortels discutaient. C’était une vision irréelle que tous ces hommes et ces femmes réunis sous le même toit.

Amanda qui observait la scène depuis le seuil n’avait jamais vu ça. Évidemment, elle aurait préféré que ce soit dans d’autres circonstances ! Mais elle trouvait rassurant ce genre de réunions. Ca lui rappelait qu’elle n’était pas seule embarquée dans cette galère qu’est l’immortalité. Dans cette maison ils étaient trente deux pour être précis. Trente deux immortels qui s’étaient associés dans une même lutte.

La française regarda Duncan discuter avec un homme… Thomas, ça lui revenait, un jeune homme d’à peine cent cinquante ans. En regardant son beau highlander elle mesura tout l’amour qu’elle lui portait. Même s’ils n’étaient pas d’accord sur tout une certaine complicité les liait. Il faut dire qu’Amanda avait apporté son lot d’ennuis à l’écossais !

Mais il finissait toujours par lui pardonner !

C’est alors qu’elle vit descendre Nick du grand escalier. Le jeune immortel était sûr de lui et véritablement dans son élément.

Cela avait fait un grand choc à Amanda de le revoir à l’église. Surtout qu’il était aux côtés de Sitalva. Ainsi il était son élève. Amanda ne pouvait retenir une pointe de jalousie à l’encontre de la première des immortels. Elle aurait voulu lui montrer sa nouvelle vie, lui enseigner l’art de l’épée… Certes l’enseignement de Sita était sans comparaison à la maigre expérience d’Amanda mais c’est une chose qu’elle aurait vraiment voulue faire !

Mais Nick ne le voyait pas comme ça. Il était parti et Amanda avait perdu sa trace. Mais aujourd’hui elle l’avait retrouvé et ils allaient pouvoir se parler…

NICK : Amanda…

AMANDA : (assez précipitamment) Nick, écoute… je voulais te dire… enfin… voilà…

NICK : Laisse tombez, c’est oublié !

AMANDA : Ah ! Bon !

NICK : Oui, j’ai regretté ce que je t’ai dit… Bien sûr pas tous de suite, mais Sita m’a aidé. Elle m’a fait comprendre que dans notre cas ça ne sert à rien de rester fâché avec les gens qu’on aime pour des broutilles. Tu es la plus formidable des amies que je connaisse et je ne veux pas te perdre…

AMANDA : Oh ! Nick ! Je m’en suis tellement voulu…

NICK : Mais pourquoi ? Grâce à toi, je suis vivant ! Tu préférerais que je sois six pieds sous terre ?

AMANDA : Non ! Évidement que non !

NICK : Alors l’incident est clos et on repart sur de bonnes bases ?

AMANDA : (avec la voix chargée d’émotions) Oui ça me convient !

C’est alors qu’arriva Methos.

METHOS : Nick, Sita m’a dit que tu savais où était le service espagnol.

NICK : Oui, attends, je vais te montrer. (se retournant vers Amanda) Amanda…

AMANDA : Allez va, je ne vais pas m’envoler !

Sur ce, Amanda alla à la rencontre de Duncan et s’assit sur ses genoux. Nick la regarda faire sans pouvoir retenir une pointe de jalousie. Puis il se concentra sur son aîné.

NICK : Ah ! Oui ! Tes assiettes !

METHOS : Au fait, c’est quoi cette histoire en Espagne ?

NICK : (souriant) Tu as déjà voulu ramener un service inestimable d’un château seulement accessible à cheval par temps de pluie ?

 

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Hôtel particulier de Sita, tard dans la soirée.

Un feu se consumait lentement dans la large cheminée de la chambre de Sitalva et Methos. C’était une pièce très haute de plafond où trônait un immense lit à baldaquins. Comme dans toute la maison on retrouvait ici des touches orientales qui se mariaient avec goût à la décoration d’origine.

Les murs étaient recouverts de fresques datant de la renaissance. Les peintures représentaient l’histoire d’un chevalier à la recherche du Grall. Dans une autre demeure, une telle suite de combats et la représentation d’une quête sacrée serait passée pour un élan de piété du propriétaire. Mais ici il y avait une dimension très symbolique. Sita avait choisi ces scènes pour sa chambre, c’était pour elle l’acceptation de tout ces combats qui jalonnent sa vie depuis des millénaires.

Pourtant les couleurs pastel était une vision reposante et apaisante. La pièce était cependant pleine de couleurs avec des coussins et des tapis orientaux. Un élégant dessus de lit brodé et deux bouquets de fleurs complétaient la palette de couleurs vives. Près de la fenêtre croisée une commode finement sculptée était recouverte de cadre photos. Le fils adoptif de Sita, Damien, ses petits enfants, des photos d’elle et de Methos et une grande photo de groupe en noir et blanc avec en toile de fond la tour Eiffel en construction. Sur cette photo on pouvait voir Sita, Yvan, Laura, Marc-Aurél, Liam, Erick et quelques autres élèves de Sitalva. Mais malgré que les clichés soient de différentes époques, il y avait un point commun, les personnes photographiées semblaient heureuses…

Cette chambre était vraiment un lieu de vie. On sentait qu’un couple vivait là, qu’il passait du temps entre ces murs.

Sur un bureau marqueté était déposé le tome en cours du journal de Methos. Chose rare, on pouvait y lire deux écritures différentes. Des passages que Sita avaient pris sous la dictée de son compagnon. Pour l’ancien cavalier de l’apocalypse, c’était l’ultime marque de confiance et d’amour qu’il pouvait offrir. Son journal c’était son jardin secret, sa seule échappatoire au monde réel…

La chambre était éclairée comme elle l’aurait été, il y a plusieurs siècles. Seul le feu de l’âtre et quelques bougies illuminaient la chambre. Sita se tenait devant la commode. Elle tenait à la main une photo d'Yvan et avait le regard perdu dans ses yeux bleus. Elle aurait pu allumer la lumière électrique mais elle n’en avait pas envie. Sita aimait bien la pénombre que procurait cet éclairage. Elle trouvait l’électricité certes plus pratique mais trop agressive et préférait rester à un mode plus ancien et plus agréable.

Sita aimait garder des éléments des époques, qu’elle avait traversées, cela lui rappelait son passé quand il lui semblait flou et si… lointain. Depuis le quinzième siècle Sita avait des trous de mémoire. Parfois c’était un nom ou une ville ou bien des dizaines d’années entières qui lui manquaient ! Elle trouvait ça déconcertant, elle qui avait toujours eu une mémoire infaillible…

Mais à quoi bon se torturer ! Surtout que la plupart de son passé n’était pas vraiment un exemple de bonheur !

Elle regardait toujours la photo d’Yvan. Elle était triste de la perte de son élève mais surtout en colère. En colère contre Calahane mais aussi contre elle-même. C’est elle qui lui avait demandé de revenir à Paris. Elle se sentait si… responsable !

C’est dans cette attitude songeuse que Methos la découvrit après avoir dit bonne nuit à tout le monde.

Ils venaient de passer une très bonne soirée. Ils avaient mangé les plats que les huit immortels avaient préparé et il fallait l’avouer, c’était délicieux. A table s’étaient retrouvées les saveurs des quatre coins du monde. Ils avaient parlé mais pas de leur problème actuel comme s’ils voulaient que cette soirée soit inoubliable. Et il est sûr que personne ne l’oublierait de si tôt. Si bien sûr, ils avaient la chance de survivre à l’affrontement qui semblait se profiler prochainement.

Methos regarda Sita. Elle ressemblait à une apparition du passé. Dans cette ambiance calme et tamisée. Certes elle n’était pas vraiment habillée comme au Moyen-Âge avec ses longues tenues de chambre qui étaient plus difficiles à enlever qu’autre chose ! Methos se demandait parfois par quel miracle la haute société de l’époque avait eu des descendants.

Sitalva portait une simple nuisette en soie, bleu nuit et une robe de chambre du même tissu qui lui arrivait aussi à mi-cuisse. Elle était superbe, ses cheveux étaient lâchés dans son dos et tombaient en une délicate cascade de mèches d’un noir profond. Methos était content que Sita ait retrouvé sa couleur naturelle même si sa dernière coiffure lui plaisait aussi.

Il s’approcha de Sita et l’enlaça par derrière. Elle ne manifesta aucune surprise mais sembla se détendre. Methos remarqua alors qu’elle tenait une photo d’Yvan dans les mains.

METHOS : Ca va ?

SITA : Il me manque, Methos. Il est parti depuis seulement deux jours et il me manque énormément…

METHOS : C’est normal mon ange, tu le considérais comme ton fils…

SITA : Je me sens si coupable, Methos.

Le sang de Methos ne fit qu’un tour. Tendrement il fit se retourner Sita et lui prit le visage. Elle pleurait, de grosses larmes mouillaient ses joues délicates.

METHOS : Tu n’y es pour rien Sita.

SITA : Mais je ne fais que me dire que je n’aurais pas dû le renvoyer à Paris. J’aurais dû le garder auprès de moi. J’aurai pu…

METHOS : Non, ce n’est pas ta faute, tu ne pouvais pas savoir. Il ne faut pas que tu te tortures mon ange. C’est une bande de meurtriers qui l’a tué, pas toi…

SITA : Et pour ça ils vont payer ! Ca je le jure !

Methos fit son sourire en coin, celui que Sita aimait tant et lui essuya tendrement les larmes de son visage. Il n’aimait pas la voir pleurer cela lui était insupportable. Elle qui était si jolie ça ne lui allait vraiment pas !

Sitalva lui donna une timide esquisse de sourire et alla se réfugier dans ses bras. Methos lui caressa tendrement les cheveux.

METHOS : Il faut se battre pour les vivants pour qu’ils le restent Sita. Toi aussi tu dois faire attention à toi ! Je ne veux pas te perdre toi aussi…

SITA : Nous serons toujours ensemble Methos. Je t’aime tellement…

METHOS : Pas autant que moi Sitalvares de Toreskar de la haute famille de la montagne de Dernar.

Sita se détacha de Methos et le regarda intensément. C’était la première fois qu’il prononçait son nom complet et pour cause il ne l’avait appris qu’aujourd’hui. Mais il ne pouvait savoir ce que signifiait pour son peuple qu’un homme aimé le fasse…

Sitalva passa alors une main sur la nuque de Methos et l’embrassa. C’était un baisé passionné. Toujours des plus occupée par sa tâche elle chercha à déposer à tâtons le cadre photos pour que sa deuxième main rejoigne la première. Sita s’était retenue toute la soirée de toucher Methos et à chaque fois que leurs corps s’étaient effleurés, ils en avaient eu la chaire de poule.

Methos laissa ses mains parcourir le corps de sa compagne. Elles semblaient douées d’une vie propre. Methos remonta alors ses deux mains vers les épaules de Sita et repoussa délicatement la fine robe de chambre. Une fois le vêtement au sol Sita se retrouva avec juste sa fine chemise de nuit en soie.

Sitalva entreprit alors sans lâcher les lèvres de son amant de défaire les boutons de sa chemise. Sita aimait le corps de Methos, elle aimait sentir ses bras la serrer fort, son odeur…

Cela lui faisait tourner la tête. Le monde lui semblait irréel pour ne garder que l’image de Methos nette dans son esprit.

Methos embrassa son épaule repoussant la fine bretelle. Il prenait un grand plaisir a dénuder sa maîtresse lentement, très lentement… Sita gémissait de plaisir et de frustration. Methos surchargeait ses sens. Elle ne voulait pas de cette douceur intoxicante, elle voulait le sentir près d’elle…

Alors avec une rapidité incroyable elle plaqua Methos contre le mur. Methos comprit que Sita ne voulait pas de jeux tout en finesse, ça lui allait aussi… il laissa une de ses mains remonter doucement sur sa cuisse pour passer sous le tissu. Le couple s’embrassait avec fougue se laissant juste le temps de respirer. Methos s’écarta alors du mur et Sita en profita pour lui sauter à la taille ses jambes fermement accrochées. Toujours dans la même position Methos décida de déposer sa maîtresse sur le lit. Une fois qu’elle y fut, elle retira d’elle-même sa chemise de nuit et entra sous les couvertures. Sita invita alors Methos à la rejoindre d’une main tendue dans ce lit qu’ils partageaient maintenant depuis deux ans.

 

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Laura était en paix. Elle savait qu’elle allait se jeter dans la gueule du loup. Mais elle était sûre que c’était son destin et une Celte ne va jamais à l’encontre de sa destinée. Elle portait les peintures de guerre sur son visage, mais son but n’était pas de faire couler le sang. Elle était habillée de rouge de la tête aux pieds et sa jupe mi-courte laissait entrevoir ses longues jambes. Son épée était placée dans un élégant fourreau dans son dos. Elle ressemblait à une apparition sortie des âges. Sa chevelure rousse complétait son aspect surnaturel.

Elle marchait d’un pas sûr et tranquille. Elle savait qu’il y avait une grande chance pour qu’elle ne s’en tire pas vivante. Mais au moins elle aurait tenté quelque chose !

Sitalva lui avait proposée cette mission mais lui avait laissée le choix. Ne l’obligeant d’aucune façon. Mais Laura avait vu ça comme un honneur. Que son maître pense à elle pour quelque chose qui a tant d’importance était si… surprenant ! Surtout que c’était de la diplomatie et que ce n’était pas vraiment son fort ! Mais elle ne décevrait pas son maître !

Elle arriva au lieu que Sita lui avait indiqué. C’était une immense propriété dans les environs de Paris. Laura regarda l’imposante grille de fer forgée se demandant ce qu’elle allait trouver derrière. Elle porta alors la main à l’étrange amulette que Sita lui avait donnée.

Le maître semblait très sûre d’elle quand elle la lui avait passée au cou…

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Sitalva venait juste de nouer le cordon de cuir. C’était vraiment un bel objet. On aurait dit un simple bout de verre s’il n’avait pas eu l’air d’être animé par un feu intérieur. Il était rouge orangé et semblait chaud mais Laura se dit que c’était son esprit qui lui jouait des tours.

Le maître était venu la voir au beau milieu de la nuit dans la vaste chambre qu’elle occupait dans la résidence de Sita. Elle l’avait gentiment réveillée et lui avait exposée la mission puis elle lui avait donné le bijou.

SITA : Il te protégera. Dans mon peuple ces pierres étaient placées avec les nouveau-né pour les protéger des esprits de la nuit.

C’était la première fois que Sita lui parlait de son peuple.

LAURA : Je ne peux pas accepter…

SITA : Si… C’est une des rares choses qui me restent de chez moi. J’ai déjà perdu Yvan, Laura… Je ne veux pas perdre un autre de mes enfants…

Laura était au bord des larmes. Depuis qu’elle avait rencontré Sita, elle était devenue pour elle peu à peu sa seule famille. Elle avait perdu ses parents, son peuple… Mais Sitalva avait toujours été là pour elle, comme une mère le serait. Mais c’était sa vision des choses et avant cette nuit elle n’avait pas compris que c’était aussi celle de Sita.

Voyant les larmes couler sur les joues de Laura, elle la prit dans ces bras.

SITA : (en celte) Laura, ma fière guerrière… Ne pleure pas… On ne pleure pas quand on est heureux et tu dois l’être… Car si ce n’est que pour souffrir notre immortalité est la plus lourde des peines…

Laura s’écarta de Sita et lui adressa un timide sourire.

SITA : Tu vois c’est mieux.

LAURA : Oui, je vais aller me préparer.

SITA : Non. Reste là et parlons un peu…

LAURA : Parler ?

SITA : Oui, comme nous en avions l’habitude avant. Parler de tout et de rien pendant des heures…

Cette fois si Laura sourit franchement. Et elles parlèrent de tout et de rien pendant des heures. Et ce n’est qu’au petit matin que Sita alla discrètement se recoucher auprès de Methos.

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Laura se décida à escalader la grille. Une fois qu’elle eût atterri souplement au sol, elle avança prudemment et à couvert en direction du bâtiment. C’était un petit château privé dans le style du dix-huitième siècle. Le genre de baraque inchauffable où on pouvait entraîner une véritable petite armée. Elle se demanda comment y entrer et commença à passer tous les moyens possibles. Puis elle se dit que de toute façon ce n’était pas la peine de se casser la tête car dès qu’elle s'approcherait, elle serait repérée par les immortels de l’intérieur. Donc puisque pour la surprise c’était raté, elle ne voyait pas pourquoi, elle ne rentrerait pas par la grande porte.

Elle sortit donc de sa cachette et le plus naturellement du monde alla jusqu’à la porte principale. Sur le seuil, elle ressentit la présence d’un grand nombre d’immortels. Au moins c’était la bonne adresse !

Elle sonna. L’immortel qu’ils avaient laissé fuir à Hong Kong, lui ouvrit et resta pétrifié sur le pas de la porte. Devant son manque de réactions, Laura parla :

LAURA : Amène-moi à ton chef. J’ai un message pour lui de mon maître, Sitalva.

Comme si le nom de Sitalva le ramenait à la réalité, il lui adressa un sourire carnassier et lui ouvrit plus grand la porte, l’invitant à entrer. Laura venait de poser son premier pied en enfer.

 

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Bar de Joe Dawson, Paris.

Joe Dawson et David Farinelli discutaient devant une bière. Le guetteur de Sitalva lui racontait ses observations de Budapest. Surtout comment Sita s’était écroulée sur le pont. A ce moment là David avait été à deux doigts de se précipiter pour l’aider. Mais elle s’était relevée et il n’était pas intervenu. David savait que Sita s’était laissée suivre par ses soins, elle avait utilisé des noms d’emprunt que le guetteur connaissait et ce n’était pas un hasard. Mais le jeune guetteur n’avait pu déterminer si c'était pour l’aider dans son travail ou pour garder un œil sur lui.

Joe était bien content que David soit passé le voir. Revoir le jeune homme était toujours des moments privilégiés pour lui. Et depuis que David était devenu le guetteur officiel de Sitalva il était très occupé donc Joe savait profiter au maximum de ce genre de moments.

Il est vrai que leur discussion ressemblait plutôt à une réunion de travail mais ils étaient tous les deux des passionnés et peu à peu les immortels étaient devenus leur vie. Mais pour ces deux hommes c’était plus que remplir des chroniques, c’était aussi les côtoyer tous les jours. Car ils étaient bien plus que des guetteurs, ils avaient tous les deux brisé la barrière millénaire entre guetteurs et immortels.

Que Joe se soit rapproché de Duncan Macleod était passé de notoriété publique. C’était devenu une légende au sein de l’ordre : l’amitié entre le guetteur et l’immortel. Pour David c’était plus récent. Il y a deux ans il avait aidé Joe et son protégé à retrouver Methos et Sitalva après que leur avion se soit scratché dans le Pacifique. Les recherches avaient été longues et éprouvantes. Et quand ils les avaient finalement retrouvés ils leur était apparu qu’ils ne souhaitaient pas vraiment être secourus! ! !

C’est depuis cette mésaventure que David s’était rapproché de Sita. Son rêve s’était réalisé. Il avait rencontré Sitalva, la première des immortels. Si on lui avait dit ça il y a à peine trois ans, il aurait demandé à ce que la personne soit internée. Mais pourtant ce n’était pas de la fiction !

Évidemment ils étaient au courant du rassemblement d’hier. Joe était même présent dans l’église mais il n’avait assisté que de loin à la réunion qui avait suivi. L’arrivé de Sita l’avait assez surpris, il savait qu’elle était encore dans un coin retiré près de Moscou quelques dizaines d’heures auparavant et il ne voyait pas comment elle était venue aussi vite ! Mais peut-être que son guetteur attitré le savait…

JOE : Mais ce que je ne comprends pas c’est comment elle a pu arriver si vite de Russie ?

DAVID : Ce que je sais c’est que j’ai pu la suivre jusqu’à une base militaire russe, elle a montré un badge et n’en est jamais ressortie par la porte… je pense qu’elle a pris un avion de chasse et a dû faire jouer ses relations pour traverser toute l’Europe.

JOE : Ses relations ?

DAVID : S’il y a une chose que j’ai rapidement comprise avec Sitalva c’est qu’elle a de très nombreuses relations et cela partout. En politique, en économie, dans l’armée, la presse… et cela dans tous les pays du monde.

JOE : Oui mais il faut dire qu’elle a eu le temps de se les forger…

DAVID : (pensif) C’est une chose que j’aimerais savoir…

JOE : Quoi ?

DAVID : Je pense tout haut, mais ce que je voudrais savoir c’est quel âge elle a ?

JOE : Ca c’est la question bonus ! Ce que l’on sait c’est que c’est la personne la plus âgée de la planète…

DAVID : Oui et après il y a Methos qui ne se rappelle que des cinq mille dernières années.

JOE : C’est déjà bien !

DAVID : Certes mais ça veut dire que Sita à plus de cinq mille ans et sûrement avec une bonne marge. Peut-être six mille ?

JOE : Ca serait possible peut-être même plus, qui sait ?

DAVID : C’est une question qui me tracasse !

JOE : Tu sais très bien que les vies des immortels et là je parle de tous, sont parsemées de mystères.

DAVID : Oui mais Sitalva en a le triple que le plus mystérieux des immortels !

JOE : Je te l’accorde. Mais honnêtement tu voudrais que ce ne soit pas le cas ?

DAVID : Non tu as raison !

C’est alors que deux hommes arrivèrent à leur niveau. Pourtant Joe se souvenait très bien d’avoir fermé la porte d’entrée du club…

JOE : C’est fermé…

Mais il s’arrêta, un des hommes, une espèce de colosse noir se tenait devant lui, mais ce qui l’avait fait stopper, c’était qu’il tenait une très lourde épée dans les mains. Le deuxième était d’apparence chétive avec le teint basané. Le contraste entre les deux était frappant. Par réflexe David se précipita vers le comptoir et y prit l’épée que Joe gardait par sécurité. C’était d’ailleurs une idée du jeune homme…

David était d’origine italienne et son père faisait partie de la vieille aristocratie. Il l’avait donc obligé à apprendre les bases de l’escrime. David avait énormément protesté étant enfant mais peut-être que ça allait lui servir finalement…

L’immortel le regarda amusé, en se disant qu’il prendrait un très grand plaisir à l’embrocher mais ils avaient des ordres pour celui là !

JOE : Que voulez-vous ?

Géant : Te tuer guetteur !

Joe en resta bouche bée. Il voulait juste les tuer ! Ca n’avait pas de sens. Il ne voulait pas d’informations ? Rien ! Le colosse s’apprêta alors à donner un coup fatal à Joe. Le guetteur savait qu’il était inutile de fuir. Mais David dévia la lame…

DAVID : Joe va-t’en !

JOE : Mais…

DAVID : Discute pas !

Le noir lui donna alors un nouveau coup que David para. Sa technique n’était certes pas très élégante mais très efficace. Enfin dans les limites du possible…

Joe regarda le jeune homme et décida d’aller chercher du secours. Il se dépêcha vers la sortie. Bizarrement le deuxième homme le laissa faire. Il semblait complètement ailleurs. En y repensant c’était lui le plus effrayant des deux avec son air froid et indifférent.

Une fois que Joe fût sorti, il se cacha et de son portable commença à appeler la cavalerie.

Mais pendant ce temps, David devait se battre contre un homme le dépassant d’une bonne tête avec la force d’un cheval. Mais contre toutes attentes il s’en sortait plutôt bien…

G : Le jeu est fini petit homme…

C’est alors que David sentit une douleur dans le cou. Il porta sa main à l’endroit d’où venait la douleur et en retira une petite flèche. Il ne comprenait pas. Il avait l’esprit embrouillé. Puis il vit dans une vision un peu floue le compagnon de son agresseur tenant encore sa sarbacane.

Il ne l’avait vraiment pas vu venir, pensa-t-il avant de tomber dans les pommes.

 

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Hôpital Saint Joseph Paris.

Dans la salle d’attente du service de réanimation Joe, Mac, Liam, Nick, Amanda et Methos attendaient des nouvelles de David. Quand ils avaient trouvé le jeune homme, il était inconscient là où ses attaquants l’avaient laissé. Ils avaient tout de suite appelé une ambulance et il avait été pris en charge. En arrivant à l’hôpital, David était passé très vite en réanimation ne faisant qu'un détour très bref par les urgences. Et ça ce n’était pas bon signe…

Ils avaient prévenu Sitalva et elle arrivait le plus vite possible. Mais ce qu’ils auraient voulu voir c’est un médecin !

Ils étaient dans l’ignorance depuis que David avait été admis, ne sachant même pas s’il était encore vivant. Joe ne tenait pas en place, arpentant la pièce ouverte sur le couloir, ne quittant pas des yeux l’activité incessante du service.

Le guetteur se sentait si responsable. Il n’aurait jamais dû le laisser. Même s’il savait que s’il était resté, il serait sûrement mort. Mais des milliers de pensées commençant par : et si… le torturaient.

Un médecin se décida à se montrer. C’était un homme d’un certain âge, encore bel homme avec une prestance non négligeable. Par-dessus sa chemise et son veston il portait une blouse blanche. Et bien sûr la cravate était inséparable de l’éternel stéthoscope.

MEDECIN : Je suis le docteur Pascal, je suis en charge de David Farineli. Vous êtes de sa famille ?

JOE : Non des amis. Mais sa famille vit en Italie.

MEDECIN : Très bien dans ce cas…

DUNCAN : Comment va-t-il ?

MEDECIN : Pour vous dire la vérité pas très bien. Nous avons retrouvé une trace de piqûre dans le cou et ses analyses toxicologiques tendent à montrer que c’est un empoisonnement.

METHOS : Vous semblez émettre bien des réserves docteur.

MEDECIN : Disons que nous lui avons fait un certain nombre d’analyses mais nous ne sommes pas vraiment capables d’en tirer des conclusions.

DUNCAN : Je ne vois pas bien ?

MEDECIN : Pour soigner votre ami il faudrait savoir quelle toxine lui a été administrée mais nous ne connaissons pas celle-là.

JOE : Il n’y a donc pas d’espoir ?

MEDECIN : Je ne dirais pas ça, par un extraordinaire concours de circonstance un spécialiste est en France et il devrait bientôt arriver…

Une forte présence alerta alors les immortels. Si c'étaient les agresseurs de David qui venaient finir le travail, ils allaient être bien reçus…

Mais quand l’ascenseur s’ouvrit se fut pour laisser place à Sitalva. Pourtant il y avait quelque chose qui clochait. Sita était différente. Elle portait un tailleur très strict bleu marine, ses cheveux étaient grisonnants et elle portait des lunettes de vue. Son visage n’avait plus l’éclat de la jeunesse. On lui aurait donné presque une cinquantaine d’années !

Le médecin en l’apercevant alla à sa rencontre et lui serra la main. Sita entama une brève conversation avec le docteur Pascal. Ses amis étaient médusés, se demandant quel était ce nouveau tour. Puis le docteur et Sita se dirigèrent vers eux.

MEDECIN : Voici le spécialiste dont je vous ai parlé. Le professeur Katia Androninov, votre ami n’aurait pas pu tomber entre de meilleurs mains, le professeur Androninov est passée maîtresse dans l’art de la toxicologie biochimique. Elle a bien voulu nous accorder un peu de son temps pour nous aider à comprendre ce qui agresse votre ami.

SITA : (en serrant la main des personnes présentes) Le docteur Pascal me prête plus de dons que je n’ai…

Methos et ses compagnons étaient subjugués. L’illusion était parfaite même la voix était différente.

SITA : Puis-je voir le dossier ?

MEDECIN : Bien sûr. Dit-il en lui tendant.

SITA : (prenant le dossier et commençant à le feuilleter) Vous avez demandé une analyse toxicologique complète ?

MEDECIN : Oui mais il semble que le poison soit composé d’infime concentration de toxines très diverses et certaines ne sont même pas identifiables…

Le médecin semblait être revenu à la fac, devant répondre à des questions sous l’œil impitoyable du professeur.

SITA : Aconit, anémone, curare, il y a même des traces de sous produit de digitale…

MEDECIN : C’est ce que j’ai dit au téléphone aux chercheurs de votre institut à New York, il y a vraiment de tout. C’est ce qui le rend si difficile à traiter !

SITA : Même si nous ne connaissons pas toutes les toxines, on n’a pas le temps d’attendre un complément d’analyse.

METHOS : Que voulez vous faire professeur ?

MEDECIN : Mais grâce aux analyses du centre antipoison de l’hôpital de Fernand Widal de Paris…

SITA : Vous savez très bien le temps que prend ce genre d’analyse ! On est loin d’avoir le temps ! Bon écoutez bien je vais vous donner la marche à suivre…

(…)

 

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Bar de Joe Dawson, une heure plus tard.

Sita s’était changée et avait retiré son maquillage. Elle était redevenue la jeune fille de dix-sept ans.

Le bar était fermé, la salle ne portait plus les stigmates de l’attaque de la matinée même si on sentait qu’il s’était passé quelque chose. Duncan, Amanda, Liam, Methos et Joe étaient rassemblés autour d’une table. Joe sentait bien que dans cette histoire, il avait eu de la chance, il n’avait récolté que quelques bleus… contrairement à David. Pour l’instant, personne ne voulait parler de l’état du jeune guetteur, ce qu’il se sentait obligé de faire cependant c’était de retrouver ses agresseurs.

SITA : On va commencer par voir si tu peux les identifier. Si on sait qui précisément vous a attaqué, on pourra peut-être trouver une parade.

Sita sortit de son sac un ordinateur portable dernier cri et le posa sur la table. Elle l’alluma et lança un programme. Joe et les autres la regardèrent intrigués. Un écran de présentation apparut, il représentait deux combattants dans un duel à l’épée et le titre était : base de données version 2002.

JOE : Tu pirates la base de données des guetteurs ?

SITA : Non. Ca c’est notre propre base de données.

DUNCAN : Comment ça ?

SITA : (tout en restant concentrée sur le portable) C’est une liste tenue par des immortels, sûrement la plus complète au monde. On y recense même les pré-immortels.

JOE : Et depuis combien de temps existe-t-elle ?

SITA : Je ne sais pas trop… depuis plus longtemps que les guetteurs, ça c’est sûr mais elle n’a été informatisée qu’il y a quelques années.

JOE : Wahou ! Et qui a accès à ça ?

SITA : Toute personne qui a une raison valable de la consulter.

DUNCAN : Et qui sait qu’elle existe !

SITA : Bien entendu ! C’est vrai qu’elle circule dans un cercle assez limité mais elle reste bien utile… Bon voyons, on élimine les morts et ceux qui sont avec nous…

Elle tapait vite pour lancer la recherche. Au bout de quelques secondes l’ordinateur annonça six cents quarante deux immortels.

JOE : Génial ! On peut dire que tes listes sont plus complètes que les miennes !

SITA : C’est l’avantage qu’elles soient tenues par des immortels. Nous on ne croise pas un des nôtres dans la rue sans le remarquer ! Enfin passons, maintenant on peut éliminer ceux qui sont hors d’Europe de façon certaine.

Sita entra de nouveaux paramètres dans le P.C.. Ce dernier lui donna cent quarante huit possibilités. Elle ouvrit un fichier, une photo s’afficha.

SITA : Carl Krud, Berlin.

JOE : Non, mais si ça peut t’aider, un des deux était une véritable armoire à glace, un noir costaud…

SITA : Oui comme ça je peux encore restreindre la recherche…

Une autre photo apparue.

SITA : Abouhadil, du Niger, localisé à Varsovie.

JOE : non.

SITA : (passant à une autre fiche) Narim Barilio, localisé à Londres.

JOE : La photo est ancienne mais c’est lui !

SITA : (rentrant dans le fichier détaillé) Né en 1879 en Afrique du Sud (avançant dans le texte) bon passons… il a disparu pendant la seconde guerre mondiale, on ne retrouve sa trace que vingt cinq ans plus tard à Londres. Il est P.D.G. de Eternal-export… il a le sens de l’humour au moins !

DUNCAN : C’est qui son mentor ?

SITA : Un imbécile du nom de Philippe Bordora, un espagnol… pour la technique tu repasseras ! En plus c’est un insolent de premier ordre !

JOE : Tu le connais ?

SITA : Connaissais, il est venu se frotter à moi de trop près…

JOE : Pourtant il avait l’air de se débrouiller…

SITA : Je ne te parle que du maître, l’élève est peut-être meilleur et je vais te dire c’est pas difficile !

METHOS : Pas de trace de Calahane dans sa biographie ?

SITA : Non. Calahane efface ses traces systématiquement. Le seul endroit où tu trouveras des références sur Calahane c’est dans mon journal.

METHOS : Tu tiens un journal ? ? ?

Jamais Methos n’avait vu Sitalva rédiger un journal. Certes parfois elle faisait des carnets de voyages pour laisser une trace écrite. Mais au cours des siècles jamais il n’avait vu dans ses bagages un volume où elle aurait noté au jour le jour comme il le faisait.

SITA : Oui mais ce n’est pas comme le tien. C’est plus… abstrait.

METHOS : Mais je ne t’ai jamais vu…

SITA : C’est que c’est plus par périodes, j’y note les gens qui m’ont marquée, des descriptions des lieux que j’ai aimés, des réflexions… j’ai dû inventer mon propre code pour l’écrire et il est sur toutes sortes de supports, c’est énorme ! Je ne me ballade pas avec, je le laisse à l’abri. Mais on n’est pas là pour moi ! Et le deuxième, Joe, il ressemblait à quoi ?

JOE : A une fouine. Il était de marbre, petit, physique d’Amérique latine, Pérou peut-être…

Sitalva avait pâli à cette description. Elle se pencha sur son ordinateur et tapa juste un nom. La photo du deuxième homme apparut sur l’écran.

SITA : C’est lui ?

JOE : Oui, tu le connais ?

SITA : Huayna Capac, grand empoisonneur sous le règne du sixième empereur inca, Roca au XIVe siècle.

DUNCAN : Et alors maintenant que tu sais qui a empoisonné David tu vas pouvoir trouver l’antidote ?

SITA : L’antidote s’il existe doit se trouver quelque part au Pérou. Même si une fois sur place, on arrive à trouver le mélange de plantes et les autres ingrédients, ce sera trop tard…

JOE : Trop tard ?

SITA : Je pense que quand le docteur Pascal a dit que David tiendrait un mois il a été très optimiste. Je pense que ce serait déjà un miracle s’il passe la semaine…

JOE : Il n’y a donc rien à faire ?

Sitalva regarda le guetteur. Il y avait toujours quelque chose à faire…

 

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Hôpital saint Joseph, tard dans la nuit.

Sitalva regardait David dans son lit d’hôpital. Le jeune homme était tombé dans le coma. Il était branché à tout un tas de machines qui essayaient tant bien que mal de le maintenir en vie. Le traitement de choc que lui avait prescrit Sita avait réussi à ralentir le poison, mais tel un ennemi fourbe et sans honneur, il attaquait sans cesse. David était très pâle, un tube sortait de sa bouche et lui apportait l’oxygène que ses poumons trop faibles ne pouvaient plus lui donner. Sur un moniteur le rythme cardiaque s’affichait en faisant entendre son bip rassurant.

La première des immortelles ne s’était pas grimée pour cette nouvelle visite. Elle portait une longue robe pourpre fendue des deux côtés. De son décolleté se détachait une croix en argent attachée à une fine chaîne. C’était un bijou ancien de grande valeur mais qui ne rentrait pas dans ses considérations religieuses. C’était un cadeau de Liam et elle n’avait pas pu refuser. Il lui avait dit que même si ce n’était pas un symbole de sa religion, ce serait un porte-bonheur. C’était il y a deux siècles déjà !

Elle passa une main dans les cheveux de David. Ils s’étaient rencontrés, il y a deux ans. Elle l’avait toujours trouvé attachant même si elle avait longtemps voulu le nier. C’était un guetteur… c’était son guetteur ! Le premier qu’elle n’ait jamais eu !

Mais pourtant ils s’étaient rapprochés, s’appréciant de plus en plus, s’aimant même. Pas comme Sita aime Methos. Non, ce n’était pas ça. C’est plus… maternel. Combien de fois lui avait-il dit d’arrêter de le traiter comme un enfant ? Mais pour elle, il était un enfant même du haut de ses vingt six ans. Vingt six ans que c’est court ! Que peut-on voir du monde en si peu de temps ?

Il était très tard mais Sita se moquait des heures de visite. Elle savait que Methos allait s’inquiéter, elle était partie sans prévenir. Mais il comprendrait…

Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait fait des centaines de recherches sur les poisons et les contrepoisons et cela depuis l’antiquité, mais la personne qui avait empoisonné David était un maître. L’Inca avait fait ça toute sa vie et de plus Sita n’était pas une spécialiste des poisons d’Amérique latine…

Elle ne cessait de repenser à tous les moments qu’ils avaient partagés. Les bonheurs, les malheurs, les peurs et les angoisses…

Comme ce soir où elle a bien cru voir Methos pour la dernière fois…

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Appartement de Methos et Sitalva, un an plus tôt.

Sita était assise dans le canapé les genoux repliés et enserrés par ses bras. L’angoisse se lisait sur son visage. Elle portait un jean très large et une chemise de Methos. Elle qui était toujours très élégante ne semblait pas se préoccuper de son apparence. Les cheveux simplement attachés par une queue de cheval, elle restait pourtant très belle.

David était appuyé contre le mur et l’observait. Il n’aurait pas dû se trouver là, mais depuis quelque mois son amitié naissante pour Sita était devenue plus importante que les règles de l’organisation. Et quand Sitalva l’avait appelé, il n’avait pas hésité à la rejoindre. Depuis un an il s’était passé bien des choses dans la vie du jeune guetteur mais il ne regrettait rien.

Ce soir, elle semblait si fragile. David avait vite compris à quel point la relation Methos/Sitalva était importante pour ces deux là. Et peut-être qu’elle allait le perdre ce soir…

DAVID : Ne t’inquiète pas, il va s’en sortir…

David venait de lui parler en italien. Entre eux c’était devenu une habitude de parler dans la langue maternelle du jeune homme.

SITA : Tu n’en sais rien…

DAVID : Tu es dans le même cas et ça ne sert à rien de…

SITA : Et tu crois que ça va me calmer. Cet immortel est un maître d’armes !

DAVID : Methos a de l’expérience…

SITA : Ce n’est pas forcément un facteur qui prime. Mais je te jure que dès qu’il sera là, je ne le lâcherai pas avant qu’il ait repris un entraînement sérieux !

DAVID : Pourquoi ? Vous ne vous entraînez jamais ensemble ?

SITA : Ca nous arrive. Mais ça dégénère très vite. On a du mal à ce concentrer sur ce que l’on fait…

DAVID : Je vois…

L’air que prit David arracha un sourire à Sita.

Elle ne voulait pas perdre Methos. Pas maintenant ce serait trop bête ! Et quand cet immortel s’était présenté… Il était en colère. La haine se lisait sur chacun de ses traits. Il avait été sourd à toutes les tentatives de lui faire entendre raison. Il reprochait à Methos des actions qui dataient du temps des cavaliers de l’apocalypse. Methos s’était senti obligé de répondre à la provocation.

Sita avait remarqué que depuis quelques années Methos avait développé un côté très… chevaleresque. Il avait trop fréquenté Duncan Macleod ! Le tempérament de l’écossais avait tendance à influencer son tendre amour. C’était sûrement un bonne chose que Methos réapprenne à écouter son cœur. Mais à la condition que ça ne le fasse pas se jeter la tête la première dans un piège.

Ils attendaient depuis près de deux heures le retour de Methos. Chaque minute qui passait augmentait l’inquiétude de Sita. Si elle n’avait eu David pour la soutenir, elle se serait précipitée à la rencontre de Methos. Elle avait appelé le guetteur sans savoir vraiment pourquoi. Peut-être qu’elle avait confiance en lui tout simplement !

Alors qu’elle s’interrogeait sur les relations qu’elle avait avec David, Sita ressentit la présence d’un immortel. Alors que l’espoir emplissait son cœur Methos entra dans le salon. Sita ne put se retenir de lui sauter au cou et de lui donner un baisé passionné. David se sentit soudain de trop et s’éclipsa, un sourire aux lèvres.

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Sitalva caressait toujours les cheveux de David. Dans combien de moments avait-il été là pour elle ? Combien de fois avait-il tout lâché pour elle ?

La première des immortels savait que sa vie allait changer. Sita savait que le jour où sa véritable nature serait dévoilée approchait. Et pour la première fois depuis bien longtemps elle eut peur. Elle ne pourrait pas contrôler les événements… sauf si elle décidait de l’accepter. Mais elle ne savait pas si elle en était encore capable. Cela allait faire des millénaires qu’elle jouait à cache-cache avec ce qu’elle était vraiment.

Mais même si sa vie allait être bouleversée, elle refusait que la mort de David en fasse partie !

Elle prit alors une décision. Un choix qu’elle avait classé dans les derniers recours. Elle n’avait plus le loisir d’attendre. Sita porta un dernier regard sur les moniteurs comme si un miracle allait se produire. Elle porta une main à la croix qu’elle portait et pensa à Liam. Puis ses pensées se tournèrent aussi vers Nick, il lui avait tant répété à quel point il en avait voulu à Amanda ! Mais sa décision était prise même si elle devait se brouiller avec David jusqu’à la fin de sa vie !

C’est alors qu’elle sortit le poignard. C’était une lame fine et ouvragée. Sita la plaça au-dessus du cœur du jeune homme. Elle prit une grande inspiration et abattis l’instrument mortel.

SITA : Pardonne-moi David.

Se furent les seules paroles qu’elle put prononcer et comme assommée par la fatigue elle s’écroula alors que le sang lui maculait les mains.

 

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Terre sacrée au environ de Chartres, France, le lendemain.

C’était un ancien monastère du XIVe siècle mais de l’édifice original il ne restait que l’élégante cour intérieure, la chapelle et deux corps de bâtiment. Cependant l’ensemble restait harmonieux.

Pourtant l’endroit ne ressemblait plus du tout à un lieu austère. Tous les bâtiments avaient été restaurés et la cour intérieure était entièrement plantée de fleurs dont certaines grimpaient sur les élégantes colonnes.

C’était un drôle d’hybride entre le nouveau et l’ancien. La plupart des murs de la cour intérieure avaient été remplacés par des baies vitrées. A l’intérieur les grandes pièces du cloître avaient été préservées mais là aussi de larges ouvertures avaient été pratiquées dans l’épaisseur du mur. Ces derniers étaient peints dans des tons pastel avec des frises qui les décoraient. Dans toutes les pièces les dalles avaient été remplacées par du parquet de bois sombre. Seuls les endroits où il y avait de la mosaïque avaient été préservés tel quel.

Les grandes pièces avaient été meublées avec goût, mélangeant les styles et les époques. Des tableaux de maîtres étaient décimés dans toute la maison ainsi que de nombreuses œuvres d’art.

Dans la chambre de la maîtresse de maison on retrouvait le même genre de décoration sûr et raffiné. La pièce était très spacieuse et d’un bleu pastel apaisant. Le parquet était recouvert d’épais tapis dans les même teintes. Les lourds rideaux étaient tirés, laissant la chambre dans une pénombre rassurante. Contre le mur qui faisait face à la double porte se trouvait un lit à baldaquin en fer forgé. Tel une œuvre d’art il était recouvert de tissus précieux.

Sur ce lit on pouvait distinguer deux formes. David était allongé, pâle comme un linge. Sita était à genoux sur le sol et avait la main posée sur son torse. Elle s’était endormie. La première des immortels portait une longue robe blanche dont la coupe faisait penser à celles du XIXe siècle. La tête légèrement posée sur le lit on aurait dit un ange.

Depuis l’hôpital elle avait dû s’occuper de beaucoup de choses et cela l’avait épuisée. Sortir le corps de David, l’amener jusqu’ici, faire disparaître toutes les traces de leur passage…

Elle avait disparu sans rien dire à personne. Elle avait besoin de prendre du recul et de se préparer à ce qui allait suivre…

Soudainement la forme immobile de David s’anima. Il se cabra cherchant à inspirer profondément. Sita se réveilla instantanément et lui prit la main.

David ne comprenait pas où il était. Il avait un mal de crâne comme jamais il n’en avait eu. Il lui semblait que quelques minutes plus tôt il était en train de se battre contre ce colosse noir et là il se retrouvait dans un lieu qu’il ne connaissait pas. Ses sensations lui revenaient une par une. Il sentait qu’il était allongé sur une matière soyeuse. Il remarqua que quelqu’un lui tenait la main mais il ne voyait pas de qui il s’agissait. Il dut faire un effort pour tourner la tête et il se retrouva devant un ange. Sa première réaction fut de se dire qu’il était mort puis sa vue se fit moins trouble et il put reconnaître Sitalva.

DAVID : (faiblement) Sita…

SITA : Je suis là… Chut, c’est terminé…

David voulut se relever pour s’asseoir mais ses forces lui firent défaut. Sita le soutint et lui mit plusieurs oreillers pour le caler.

SITA : Tu dois te sentir faible mais ça va passer dans quelques instants. Le poison n’a pas été totalement éliminé de ton organisme…

DAVID : Le poison ?

SITA : (fronçant légèrement les sourcils) Tu ne te rappelles pas ? De quoi te souviens-tu en dernier ?

DAVID : J’étais avec Joe… et puis ces deux immortels sont arrivés… ils voulaient nous tuer. Je me souviens que je me suis

battu pour que Joe aille chercher de l’aide puis c’est le trou noir…

SITA : C’est tout ce qui te revient ?

DAVID : Je ne sais pas… Ah ! Si ! Cette fléchette…

Il porta une main à son cou, là où la fléchette l’avait touché.

DAVID : C’est comme ça que j’ai été empoisonné ?

SITA : (ne le regardant pas en face) Oui.

DAVID : Et tu m’as donné l’antidote ? C’est ça ?

SITA : Si on veut…

David la regarda surpris. Comment ça si on veut ? Que voulait-elle dire par là ? Se sentant d’attaque à part ce mal de crâne persistant David se redressa et s’assit en tailleur sur le lit. Maintenant il la dominait de toute sa hauteur. Sita qui était toujours par terre se demandait comment elle pouvait lui annoncer. Elle n’osait pas le regarder en face. Sitalva repensait à l’amertume de Nick. Elle venait de faire la même chose qu’Amanda. En avait-elle le droit ? Ca semblait si évident quand elle repensait à David agonisant sur son lit d’hôpital.

Le guetteur lui prit les mains. Sita leva lentement les yeux vers le jeune homme. Son expression était pleine de confiance.

DAVID : (doucement) Explique-moi…

SITA : (avec hésitation) Le poison avait pénétré ton organisme… on ne pouvait rien faire, tu agonisais… et j’ai pris la décision de… enfin j’ai…

DAVID : Tu as fait quoi ?

SITA : (Dans un souffle) Je t’ai tué, je t’ai planté une dague en plein cœur !

David resta interdit. Ca ne pouvait pas être possible. Pourtant ça ne pouvait signifier qu’une chose…

DAVID : (encore sous le choc) Je suis immortel ?

SITA : (Les mains toujours emprisonnées dans celles de David, regardant le sol) Oui.

C’était incroyable mais un détail lui revint en mémoire.

DAVID : C’est pas possible.

SITA : Je t’assure que si.

DAVID : Mais Duncan et Methos m’ont dit un jour que je n’étais pas un pré-immortel.

SITA : C’est une question de perception. Certains pré-immortels sont très durs à repérer.

DAVID : Mais comment ?

SITA : Je ne sais pas trop. C’est peut-être le fait que tu sois au courant pour les immortels depuis toujours, mais franchement je n’en sais rien !

DAVID : Pourquoi ne pas me l’avoir dit avant ?

La conversation prenait une tournure que Sita avait redoutée pourtant David ne semblait pas en colère.

SITA : Je ne sais pas… tu es un guetteur, je ne voulais pas briser tes serments. Ca paraissait si important pour toi!

DAVID : (après un temps) Je comprends.

Sita le regarda droit dans les yeux.

SITA : (avec émotion) C’est vrai ?

DAVID : Oui. Je serais mort si tu n’étais pas intervenue. Et pour de bon !

SITA : Tu sais pour l’instant il est plus sûr d’être un mortel. Ces derniers temps ils ont eu tendance à avoir une espérance de vie plus longue que la nôtre !

DAVID : Arrête ! Je suis avec toi. Maintenant on est dans la même galère…

Sitalva se leva. Elle semblait intemporelle comme une déesse venue d’un autre monde. Elle tendit la main à David.

SITA : Alors rejoins-moi dans mon monde.

David attrapa la main de la première des immortels. Il savait que ce bras tendu marquait le début d’une nouvelle vie pour lui mais il le prit acceptant de suivre son destin.

 

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Quelques heures plus tard, même lieu.

Sita et David se tenaient dans une grande pièce circulaire avec un dôme recouvert de peintures datant de la Renaissance. Sur le sol était gravé un cercle qui était recouvert de symboles que David ne connaissait pas. Il en connaissait un rayon sur les langues anciennes mais celle-ci lui était parfaitement inconnue. Mais il avait vite compris qu’il s’agissait d’un instrument d’entraînement à l’art de l’épée. Ils étaient là depuis des heures. Sita voulait absolument qu’il se perfectionne. Le jeune homme pensait s’y connaître mais il réalisa qu’il lui restait des tonnes de choses à apprendre. Surtout avec Sitalva dans le rôle de l’entraîneur et elle était un professeur extraordinaire même si elle restait intransigeante sur ses directives.

David était épuisé, cela allait faire des heures qu’ils s’entraînaient. Il avait mal dans les bras pourtant l’épée de cours était relativement légère. Et il commençait juste à s’habituer à la bonne façon de la tenir que Sita lui donnait un nouvel exercice.

Sitalva était face à David. Elle était en baskets, corsaire et débardeur. A la main, elle tenait la réplique exacte de l’épée de David. Son attitude était plus décontractée. Elle retenait ses coups, devant résister à utiliser les nombreuses astuces et bottes qu’elle connaissait. David avait de bonnes bases pour un enfant du XXe siècle mais contre Calahane et toute sa bande ce ne serait pas suffisant. Elle devait lui montrer les subtilités du combat. Lui enseigner la patience et l’observation et pour ça elle n’avait que quelques heures…

SITA : Plus haut ta garde ! Là où elle est, elle ne te sert à rien !

David se remit en position exécutant une garde parfaite. Il n’avait pas l’habitude de devoir protéger la tête mais plutôt le cœur ! Mais ses priorités avaient changé !

SITA : Très bien ! Maintenant il faut que ça soit un automatisme. Ton épée doit devenir une partie de toi. Ce n’est pas un corps étranger, c’est une extension de toi-même. Bien maintenant attaque-moi !

David porta un coup descendant que Sita para. Les coups s’enchaînaient, à un moment Sita bloqua la lame de David grâce à sa garde, les combattants se figèrent.

SITA : C’est trop lent ! Tu dois vivre un combat pas le réfléchir ! Allez !

David attaqua de plus belle. Il allait de plus en plus vite. Son esprit était concentré sur la lame de Sita. Sita sourit, il semblerait qu’il avait compris qu’un duel n’était pas une partie d’échec. Les grandes tactiques c’était bon pour les tournois d’escrime. Là on a le temps et on ne joue pas sa vie.

La présence d’un immortel les arrêta. Pour David la présence latente de Sita était déjà très dure mais l’arrivée du nouveau venu lui fit presque lâcher son épée.

Puis Laura apparut sur le seuil de la salle d’entraînement. Elle parut très surprise de voir que le second immortel qu’elle avait senti était David mais se dit qu’il y avait plus urgent. Elle s’approcha de Sita et la salua.

LAURA : Maître, David.

SITA : Je suis bien contente de voir que tu es saine et sauve.

LAURA : Oui et c’est grâce à toi !

Elle détacha le pendentif que Sita lui avait donné et lui tendit.

LAURA : Je ne me l’explique pas mais quand ils ont voulu me frapper ils ont été brûlés et je suis sûre que c’est à cause de la pierre !

SITA : Tu as raison…

LAURA : Mais comment ?

SITA : C’est de… la magie.

Laura ne semblait pas très satisfaite de cette réponse. Mais au ton de Sita elle savait que le maître ne dirait rien de plus.

SITA : Et ta mission ?

LAURA : Oh ! Après le coup de la pierre, ils étaient bien plus disposés à m’écouter. Ils m’ont conduit à Calahane et j’ai pu lui transmettre le message.

Laura n’avait pas pu retenir un frisson au nom de Calahane. Cet homme était si… froid.

DAVID : Quel message ?

S : J’ai demandé à Laura de donner une lettre à Calahane. Un défi à l’ancienne…

D : Un défi ?

SITA : Oui un combat. Et la réponse ?

LAURA : Il a dit qu’il attendait ça depuis des millénaires. Il était même d’accord sur le lieu et l’heure…

SITA : Bien… Laura, David vous allez prévenir les autres, qu’ils soient aux rendez-vous. Mais ne pose pas ça comme un ultimatum. Ce n’est pas un ordre de ma part !

DAVID : Mais toi tu ne viens pas avec nous ?

SITA : Non. Je dois aller chercher quelque chose d’abord. je vous retrouverai au lieu du défi.

LAURA : Fais attention à toi…

Sita qui s’était dirigée vers la sortie se retourna.

SITA : Vous aussi… Et avant que j’oublie David, il y a quelque chose pour toi sur la grande table…

Puis elle tourna dans le couloir et disparut. Laura et David qui la regardaient partir espéraient que ce n’était pas la dernière fois qu’ils la voyaient.

 

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Sur la grande table se trouvait une longue boite en bois. Des armes y étaient gravées. David y laissa courir ses doigts. C’était les armes de sa famille. Les mains tremblantes, il ouvrit l’étui. Une superbe épée y était rangée telle un bijou dans un écrin. La garde était finement ouvragée et était typique de la fin du XVIIe siècle. La lame était effilée et marquée du poinçon de Tolravia, l’un des plus grands forgerons d’épée que cette terre n’ait jamais porté.

Un mot était glissé sous la lame. David le prit et le lut.

David

Traite la bien et elle te gardera en vie

Avec tout mon amour

Sita.

David prit la l’épée et la soupesa. Il se sentait particulièrement bien comme si elle était faite pour lui. Puis il la cacha sous son long manteau et se retourna vers Laura.

DAVID : Je crois que l’on a quelque chose à faire, non ?

 

 

 

 

Bar de Joe Dawson, quelques heures plus tard.

Joe regarda son établissement tout en essuyant un verre. Il y avait dans son bar une trentaine de personnes très hétéroclites. On retrouvait des jeunes et des moins jeunes. On y voyait toutes sortes de couleurs de peaux et la pièce était envahie par différentes langues. Pourtant c’était un groupe qu’il avait devant lui. Un groupe qui en quelques jours avait appris à se connaître, à se faire confiance… et ce qui les rapprochait encore plus c’était qu’ils étaient tous immortels.

Le guetteur était certes heureux de pouvoir assister à ça mais son esprit était assombri par d’autres préoccupations. Premièrement comme tous ceux qui étaient présent il se demandait où était passé Sitalva. Cela allait faire deux jours qu’elle avait disparu et deuxièmement aussi sur la liste des disparus, il y avait David… Le jeune homme était sûrement mort à l’heure qu’il est mais Joe ne comprenait pas comment il avait pu disparaître comme ça! Quand il était revenu à l’hôpital avec Methos et Duncan on lui avait dit qu’aucun David Farinelli n’était sur leurs registres. Et plus de trace non plus du docteur Pascal qui avait décidé de prendre ses vacances juste à ce moment là !

Joe laissa de côté ce qu’il était en train de faire et alla jusqu’à la table où se trouvait Methos, Duncan, Liam, Amanda et Marc-aurél. Les immortels étaient lancés dans une discussion animée sur un sujet quelconque. Depuis quelques temps ils essayaient de ne plus parler de leurs problèmes actuels.

DUNCAN : Alors Joe toujours pas de nouvelles de David ?

JOE : Non aucune. C’est à n’y rien comprendre ! Il a disparu !

METHOS : Oui tout comme Sita…

Methos avait dit ça d’un ton morne. Le vieil immortel était de plus en plus inquiet pour sa compagne. Il savait qu’il était déjà arrivé à Sitalva de disparaître mais jamais dans de telles circonstances ! Il aurait donné n’importe quoi pour juste la savoir en vie ! Elle ne lui avait même pas laissé un mot. Elle était juste partie et il s’était réveillé seul. Et il détestait ça !

Depuis deux jours il avait remué ciel et terre pour la retrouver. Même s’il savait qu’il n’y avait qu’une infime chance qu’il y arrive. Il devait essayer et au moins ça avait le mérite de l’occuper. Il sentait qu’il allait finir par devenir dingue !

DUNCAN : Elle avait sûrement quelque chose à faire.

LIAM : Tu sais très bien comment elle est. Sita a tendance à disparaître…

METHOS : Oui, ça je sais. Je la connais depuis près de trois mille cinq cent ans et je ne m’y suis toujours pas habitué…

MARC-AUREL : On ne la changera pas…

METHOS : Je ne lui demande pas de changer juste de revenir en un seul morceau !

LIAM : Elle reviendra…

Mais avant de pouvoir donner une excuse plate et imagée pour défendre son maître il s’arrêta. Le bar était devenu incroyablement silencieux. Joe en déduisit qu’un immortel approchait…

Laura passa la porte suivie de… David. Tous en restèrent bouche bée. Comment le jeune homme pouvait-il être immortel ? Methos fit comprendre à Joe l’état de David, le guetteur n’en revenait pas. Laura et David s’avancèrent sous les regards inquisiteurs de la salle.

David quant à lui ne savait pas comment réagir. Il avait la tête qui était sur le point d’exploser. Et c’est le cœur au bord des lèvres qu’il suivit Laura jusqu’au comptoir. Une fois bien en vue Laura s’adressa aux immortels.

LAURA : Bonjour à tous , nous sommes ici pour faire passer un message de Sitalva.

METHOS : Un message ?

LAURA : Oui, il y a deux jours le maître m'a donné pour mission de me rendre au repaire de Calahane…

Un murmure traversa la salle.

AMANDA : Mais dans quel but ?

LAURA : Pour lui remettre une lettre. D’après ce que j’ai compris, le maître et Calahane ont une tradition commune : le défi. C’est un combat qui s’organise selon différentes règles…

LIAM : Et le maître pense que ça va régler cette histoire ?

LAURA : Oui, c’est même selon son avis le seul moyen.

THOMAS : Pourquoi n’est-elle pas avec vous ?

LAURA : Le maître nous rejoindra sur le lieu du défi, elle devait faire quelque chose d’important avant. Mais ce qu’elle nous a chargé de vous demander c’est si oui ou non vous alliez relever le défi. Le maître n’oblige personne. Vous pouvez très bien refuser de venir et personne ne vous blâmera. Ce défi est un combat dont les règles sont plus vieilles que le plus ancien d’entre nous et c’est un duel à mort. Je ne connais pas le règlement entièrement mais le combat ne s’arrêtera que par la mort d’un des deux chefs de clan. Si nous nous engageons dans cette voie il faut être conscients que seule la mort de Sitalva ou celle de Calahane mettra fin à cette tuerie…

 

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Au même moment, lieu indéterminé.

Une grotte éclairée par des torches…

Dans la pénombre…

Une silhouette assise en tailleur…

Sitalva méditait. Elle méditait comme elle ne le faisait que rarement. Elle voulait se retrouver, savoir quelle était l’attitude à adopter…

La première des immortels repensait à son passé. A toutes les horreurs et les tragédies qui avaient ponctué sa longue existence. Combien d’horreurs pour quelques instants de paix ? Mais elle laissait aussi son esprit vagabonder vers une époque encore plus lointaine. Un temps qu’elle aurait voulu oublier, qu’elle aurait voulu nier… Une époque où elle ne voyait pas le monde de ce point de vue. Mais depuis elle avait appris l’humilité, elle avait découvert l’amitié, l’amour et… la haine. Mais il y avait quelque chose dont elle était sûre, elle aimait cette vie. Mais c’était peut-être la fin du rêve…

Methos… Elle ne voulait pas le perdre…

Elle revoyait son sourire en coin, sa manière de garder son air décontracté et toutes ses répliques cyniques qu’il plaçait… Bref tout ce qui le rendait irrésistible ! Ils avaient partagé tant de nuits, de baisers et de mots tendres. Chaque souvenir d’instants avec Methos était pareil à un trésor pour Sita. Mais le méritait-elle ?

Sitalva savait que Methos avait une vision faussée d’elle. Combien de fois depuis qu’elle l’avait rencontré avait-elle été à deux doigts de tout lui dire ? Pourquoi ne l’avait-elle pas fait ?

Par peur sans doute. Depuis toujours elle avait été terrifiée de se faire rejeter à cause de ce qu’elle était ! Alors par Methos ! Jamais !

Même s'il ne s’en était sûrement pas rendu compte parfois c’était juste sa simple présence qui l’empêchait de commettre l’irréparable…

Mais aujourd’hui que devait-elle faire ? Elle était là depuis plusieurs heures et savait que la rencontre approchait. Mais elle devait se retrouver avant ! Se choisir un destin !

Elle ne voulait pas perdre ce qu’elle avait mis tant de temps à avoir ! Une famille, des amis qui la connaissaient, l’homme de sa vie à ses côtés… Elle devait préserver tous cela et elle était parfaitement consciente que la seule alternative était de se battre !

Mais se battre contre qui ? Calahane, son passé, elle-même, le reste de la planète ! Si elle défiait Calahane elle préserverait ceux qu’elle aimait mais paradoxalement les perdrait peut-être pour toujours, et si elle ne le faisait pas ils mourraient sûrement !

Ce dilemme lui torturait l’âme, la tiraillant entre son cœur et ses vieilles peurs. Alors elle décida de protéger coûte que coûte ceux qu’elle aimait. Elle ne pourrait pas vivre en les sachant morts alors qu’elle aurait pu l’éviter !

Elle devait donc gagner ce duel. Mais pour cela elle devait renouer avec son passé, ne plus vouloir s’en débarrasser à tout prix. Sita plongea plus profondément en elle-même, cherchant cette puissance qui formait la base de son être. C’était comme un torrent de lave canalisé. Une force incommensurable qui coulait dans ses veines. Puis volontairement elle fit quelque chose qu’elle n’avait pas fait depuis des siècles. Elle brisa une par une ses barrières qui emprisonnait cette force. Elle sentit cette puissance l’envahir, imprégner chaque parcelle de son corps.

Sita ouvrit les yeux. Elle n’arrivait pas vraiment à croire ce qu’elle venait de faire. Elle venait de briser des serments millénaires mais elle savait qu’elle avait fait le bon choix. Et pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait normale. Pourtant ne venait-elle pas de briser une humanité si chèrement acquise ?

Sita contempla la paroi de la grotte. Elle était couverte de signes. Cette langue obscure racontait son histoire. Un passé dont jamais elle ne serait débarrassée. Elle venait de le comprendre trop tard, elle ne pouvait fuir ce qu’elle était, elle devait l’accepter !

Puis elle se leva. Sita voyait comme en plein jour dans la pénombre de la grotte. Elle regarda ses mains, faisant tourner ses poignets délicats devant ses yeux. Elle savait que ses doigts si fragiles en apparence auraient pu tuer sans effort… Mais ce n’est pas à mains nues que se passe un défi. Sitalva se dirigea vers une galerie et s’y engagea. Elle arriva dans une salle entièrement peinte de scènes de chasse datant de la préhistoire, en son centre se tenait une statue de marbre blanc. C’était une silhouette enveloppée dans une grande toge à la romaine. Le visage de la statue n’était pas visible sous sa capuche et les seules parties de son anatomie qui étaient visibles étaient ses mains finement sculptées qui étaient tendues vers l’avant. Sur ces dernières reposait une superbe épée. Sita regarda la lame sachant que si elle la prenait, elle ne pourrait plus faire marche arrière.

Cette épée représentait le seul vœu qu’elle n’avait pas brisé. Elle se revoyait comme si c’était hier remettre l’épée à la statue qui représentait pour le peuple où elle était née le Destin.

Mais ce n’était plus l’heure des doutes et des serments sans sens. Et c’est avec détermination qu’elle empoigna l’épée…

 

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Lieu du défi, 21 h 00.

C’était une clairière dans une forêt épaisse. Un lieu où ils étaient sûrs de ne pas être dérangés. La nuit commençait à tomber et des feux avaient été allumés pour permettre d’éclairer le terrain.

C’était une surface plane sans obstacle. Seule une stèle se dressait près de l’orée du bois. Ce morceau de granit massif était recouvert de symboles. David, en la regardant de plus près, put reconnaître quelques signes qu’il avait déjà vus sur le cercle d’entraînement de Sitalva. Cette stèle avait donc un rapport avec elle…

Tout les immortels étaient rentrés se changer et se préparer après que David et Laura leur aient annoncé le message de Sitalva. Personne n’avait décliné l’invitation. Ils avaient tous envie que cela se finisse même si aucun d’entre eux ne savait comment cela allait se terminer. Il était tous l’épée à la main et ils attendaient cachant plus ou moins leur angoisse. Ils ne savaient pas vraiment contre qui ils allaient se battre. Pourtant ils se sentaient prêts. Laura et quelques autres avaient mis des peintures de guerre. Certains avaient même revêtu des vêtements qu’ils auraient porté au combat alors qu’ils étaient encore mortels. Il y avait un Cheyenne, un Touareg, un Japonais, un Viking… Ils formaient un groupe hétéroclite mais soudé. Même David se sentait à l’aise au milieu de ses aînés.

Le jeune homme avait eu peur d’être rejeté et au contraire il avait été accueilli à bras ouverts. Certes on l’avait questionné et il avait répondu dans les limites du possible. Mais plus que des questions, c’est de l’amitié qu’il avait reçu. La joie de ses amis de le revoir vivant avait été un baume au cœur. Plus particulièrement il avait été touché par la réaction de Joe qui l’avait traité comme un fils…

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Joe n’avait pu se retenir de serrer David dans ses bras. Le jeune homme venait juste de finir de donner les consignes de Sitalva et le groupe d’immortels commençait à se disperser pour se préparer. Sans savoir comment David s’était retrouvé entouré de Methos, Duncan, Amanda, Liam, Nick et Joe.

AMANDA : Du calme Joe, ne le sert pas trop fort même si ça ne le tuera pas maintenant !

Joe relâcha le jeune immortel.

JOE : Mais… comment ?

DAVID : Je ne sais pas vraiment…

METHOS : Au moins tu es parmi nous et pour l’instant c’est tout ce qui compte !

DAVID : (avec un sourire timide) Oui.

METHOS : Mais tu étais avec Sita ?

DAVID : Oui, on vient juste de revenir à Paris.

METHOS : Et elle est où ?

Methos commençait à se lasser de poser cette question surtout qu’il se doutait de la réponse !

DAVID : Je ne sais pas, elle n’est pas rentrée avec nous…

METHOS : Ca a pas loupé ! Pensa-t-il.

DUNCAN : Et toi ça va ?

DAVID : Moi ? Je ne me suis jamais senti aussi bien. J’ai juste un peu mal à la tête mais je commence à avoir l’habitude !

DUNCAN : Ca va passer !

DAVID : J’espère bien !

LIAM : Redevenons sérieux, tu as décidé ce que tu vas faire ?

DAVID : Faire ?

LIAM : Oui pour les guetteurs !

David regarda le tatouage qu’il avait au poignet.

DAVID : (après un temps) Je ne suis plus un guetteur de toutes façons ! Sita m’a proposé de le retirer mais je ne me sens pas encore prêt… J’ai ce tatouage depuis que j’ai quinze ans… J’ai toujours voulu être un bon guetteur maintenant je vais essayer d’être un bon immortel !

METHOS : Alors paré ?

DAVID : Autant que je ne le serai jamais ! De toutes manières j’y serais allé en tant que guetteur. Et aujourd’hui je n’aurai pas besoin de monter à un arbre !

JOE : Oui, il va falloir que je trouve un autre casse cou ! ! !

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Aujourd’hui, il est vrai qu’il était au cœur de l’action. Il n’était plus un guetteur et curieusement ça ne lui manquait pas vraiment. Il était au milieu de ses frères et de ses sœurs d’armes.

David avait toujours été quelqu’un de franc et dès qu’il était revenu à Paris il était allé au QG des guetteurs pour leur faire part de sa démission. Pour le jeune homme cela avait été très dur surtout avec la présence de son père. Ce dernier était venu d’Italie dès qu’il avait su que son fils avait été admis à l’hôpital.

Au début, il ne voulait pas leur dire qu’il était devenu un immortel. Mais devant son père qui le regardait comme un traître qui abandonnait ses responsabilités, il le leur avait dit. Il leur avait dit qu’il ne pouvait plus faire partie des guetteurs car il était passé de l’autre côté du miroir. Sur le coup son père était resté interdit puis il avait fini par comprendre toutes les implications d’une telle nouvelle. Mais au grand soulagement de David, il avait compris que son fils avait de nouvelles obligations mais aussi que le jeune homme garderait le secret sur ce qu’il savait…

Pendant des années, David avait eu peur de décevoir son père et aujourd’hui c’était comme si ne plus faire partie des guetteurs les avait rapprochés. Ils n’étaient plus des collègues mais un père et un fils…

Alors que le jeune homme était plongé dans ses pensées, il eut l’impression que toutes les cloches de France et de Navarre tambourinaient dans sa tête. Un groupe d’immortels approchait. Ils étaient nombreux…

 

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Tous les immortels avaient le regard tourné vers l’orée du bois. Leur ennemi se rapprochait… puis ils purent distinguer des silhouettes, des formes humaines qui venaient dans leur direction.

En quelques minutes à peine ils étaient arrivés à la clairière. A leur tête se trouvait un homme. Grand, mince, athlétique, il était recouvert d’une longue cape noire. Ses sbires se dispersèrent autour de leur chef. Ils étaient eux aussi une trentaine. Calahane avait rassemblé près de lui tout ce que compte d’assassins, de fous et de malades mentaux de la psychose à la mégalomanie dans les rangs des immortels.

Calahane s’avança un peu plus que ses hommes de mains et retira sa capuche. Les traits de l’homme qui avait mis autant de désordre dans leurs vies furent ainsi exposés à la lueur des feux de camps. Il avait un visage carré et le crâne rasé à blanc. Ses yeux étaient très sombres et étaient illuminés comme par une folie intérieure. Il regarda attentivement et méthodiquement les immortels en face de lui. Il agissait avec froideur comme un légiste découpant un cadavre. Il donnait l’impression que tout lui était égal comme s’il n’était pas concerné. Puis après son examen attentif il prit la parole :

CALAHANE : (d’un ton mielleux) Qui de vous tous est le cher et tendre de Sitalark’ra ? Où est Methos ?

Un murmure parcourut les immortels. Par réflexe ils se rapprochèrent du grand amour de Sitalva comme pour le protéger de leurs corps. Même si pour la plupart ils ne connaissaient pas sa véritable identité, ils s’étaient tous pris d’amitié pour Methos.

Quant à lui, le vieil immortel était très en colère. Cet homme débarquait dans sa vie, brisait son anonymat et la mettait sans dessus dessous ! Il sentait renaître en lui ce sentiment de haine destructrice qui lui avait fait raser tant de villages sous l’âge du bronze. Il voulait laisser ce sentiment le guider comme il le faisait aux côtés de Kronos…

Mais il ne devait pas… Il lui semblait presque entendre la voix de Sita lui dire au creux de l’oreille des paroles sages et apaisantes. Pourtant il n’était pas venu ici pour se cacher derrière ses amis.

Il poussa légèrement les immortels qui étaient devant lui et passa devant sous les regards inquiets.

METHOS : C’est moi !

Calahane le regarda des pieds à la tête en le jaugeant. Il avait un regard froid et calculateur où seule une pointe de folie transparaissait.

CALAHANE : Ainsi voici le grand Methos ! Si les cieux avaient été favorables nous nous serions rencontrés plus tôt ! J’ai toujours eu beaucoup de respect pour ce que vous faîtes ! ! !

METHOS : Je ne suis plus l’homme de cette époque. Tous ça c’est fini !

Mac était un des rares à comprendre de quoi il s’agissait et il espérait que Methos saurait garder son calme. Depuis que Sita était réapparue dans sa vie il était devenu très chatouilleux sur le sujet…

CALAHANE : Les hommes ne changent pas. Un meurtrier reste un meurtrier, un cavalier de l’apocalypse reste un cavalier de l’apocalypse…

METHOS : C’est faux ! J’ai changé cela m’a pris du temps et de la persévérance mais j’y suis arrivé ! Je ne suis plus l’adolescent fougueux qui ne savait pas où était le bien et le mal !

CALAHANE : C’est dommage… Nous aurions pu faire de grandes choses ensembles… Du sang et des larmes… Mais maintenant tu vas mourir…

Comme pour illustrer ses propos Calahane sortit des replis de sa cape une lourde épée. Puis d’un geste élégant qui prouvait son habitude du combat, il désigna Methos du bout de sa lame.

CALAHANE : Moi, Calahane de Taliara de la haute famille de Quertes, je te défies selon les règles du peuple de Dernara.

Le visage de Calahane était éclairé par la folie. Il chantait presque plus qu’il ne parlait et il avait toujours sur les lèvres ce demi-sourire sadique qui le rendait si inquiétant. Methos s’avança. Il sentait peser sur lui tous les regards des immortels. Methos croisa celui de Duncan. Le highlander avait tout le mal du monde à rester en place. Il avait très peur pour son ami et Duncan tenait bien plus à Methos qu’il ne voulait se l’avouer. L’immortel avait fait tant de choses pour lui. Il l’avait aidé dans les moments les plus sombres comme quand il était sous l’emprise du quickening noir… Mais il ne pouvait rien faire…

Après que les duellistes se soient salués le combat commença. Les sbires de Calahane ne levèrent pas le petit doigt. Ils étaient de marbre et leur indifférence était à vous glacer le dos !

Methos se rendit rapidement compte que Calahane était très bon. Mais plus qu’une technique bien rodée sa force venait du fait qu’il était parfaitement imprévisible.

Methos donna un coup en transversale mais Calahane ne le laissa pas faire et tout en bloquant la lame de Methos lui donna un violent coup de coude. Methos avait l’arcade sourcilière ouverte mais ce qui le dérangeait c’était le sang qui limitait sa vue !

Les coups et les parades se succédaient. Methos se débrouillait plutôt bien mais il commençait à fatiguer contrairement à son adversaire ! Une attaque faillit passer sous sa garde mais il l’arrêta juste à temps. Mais il ne put pas faire de même pour la suivante. Methos sentit l’épée de Calahane traverser sa chaire et la sensation que sa vie s’échappait de lui en même temps que son sang. Il s’affaissa. Methos savait que c’était la fin. Alors qu’il perdait peu à peu conscience il se révolta contre cette situation. Il ne voulait pas mourir ! Il voulait vivre des siècles encore au près de Sita…

Mais Calahane ne semblait en accord avec ce projet. Il regarda avec un sourire sadique Methos à genoux devant lui et se prépara à le décapiter…

 

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Alors que Calahane allait porter le coup fatal à Methos un mur de feu le sépara de sa victime. Tous sursautèrent devant cet événement inattendu car il n’y avait aucune raison pour que le sol prenne feu. Calahane loin de se démonter se recula des flammes et afficha un air satisfait.

Le feu comme animé d’une vie propre se propagea et bientôt un mur de feu entoura Calahane. Mais même cette forteresse de flammes ne semblait pas l’inquiéter.

Duncan et Nick allèrent chercher Methos qui était resté près du brasier là où il avait rendu l’âme. Il était mort mais ce n’était qu’une question de temps pour qu’il soit de nouveau sur pieds !

Toujours au milieu du cercle de feu Calahane avait retiré sa cape et attendait calmement.

CALAHANE : (assez fort) Sitalva ! Je ne t’attendais plus !

De l’ombre sortit Sitalva. Elle semblait venir d’un autre monde ou plutôt d’un autre temps. Elle était drapée dans des voiles allant du rouge à l’orangé en passant par le jaune. L’ensemble la faisait ressembler à une princesse arabe sauf que cette tenue lui laissait la possibilité de combattre à l’aise. Ses cheveux étaient retenus par une savante coiffure, des bracelets en or lui enserraient les poignets et les chevilles. Sur son front une germe pareille à celle qu’elle avait donnée à Laura était retenue par un fil d’or.

Mais plus Sitalva approchait plus l’assistance était surprise. La moitié droite de son visage était recouverte de peintures faites de fines lignes qui faisaient penser à des flammes stylisées. A la main elle tenait une superbe épée qui étincelait. La garde avait été sculptée dans du jade et cela donnait l’impression que cette épée était tout autant un bijou qu’une arme.

L’expression de la première des immortels était fermée et reflétait une intense concentration.

Les immortels s’écartèrent de son chemin par respect mais aussi par crainte. Qui était-elle vraiment ?

Une fois arrivée au mur de feu elle entreprit d’en faire lentement le tour. Elle alla près de Methos sous le regard ahuri de Duncan et Nick. Sita se pencha sur son compagnon et lui passa une main sur le front. Elle ferma les yeux et se concentra. Puis Methos se réveilla, il voulut parler à Sita mais elle lui plaça un doigt sur les lèvres pour le faire taire. Puis elle se releva et se remit en route. Elle et Calahane ne se quittaient plus du regard.

CALAHANE : Alors tu es venue ! J’en suis ravi !

SITA : Le plaisir de te revoir est toujours pour moi, Calahane !

CALAHANE : Ainsi tu t’es décidée à exposer ta véritable nature !

SITA : Que peux-tu savoir de ma nature ?

CALAHANE : Je te connais mieux que toi-même. Le chasseur doit connaître sa proie et j’ai toujours été… consciencieux.

SITA : Ah ! Oui, ta mission !

CALAHANE : Oui et quand je l’aurai menée à bien, nous serons véritablement pareils !

SITA : (rit légèrement) Pareils ? Je ne pense pas.

CALAHANE : Comme moi, tu n’es pas de ce monde. Tu en es un des maîtres et bientôt moi aussi je serais un des maîtres !

SITA : Les humains n’ont pas besoin de maître et surtout pas d’êtres tels que nous Calahane !

CALAHANE : Mais regarde toi ! Tu es devenue si… humaine ! Tu t’es abaissée à

leur condition !

SITA : N’était-ce pas le but de tout cela ?

CALAHANE :C’était une folie ! Tu n’es pas de leur univers. Tu es un esprit égaré sur terre. Mais pas une femme loin de là ! Et on m’a donné pour mission de te ramener !

SITA : Ah ! Oui ! Et si je ne veux rien changer à cet état !

CALAHANE : Soit réaliste tu es un des esprits du feu pas…

SITA : Silence !

CALAHANE : Pourquoi la vérité te fait peur… Ah ! C’est la présence de cette bande d’humains qui te gêne? C’est vrai qu’ils sont loin de se douter…

SITA : Tais-toi ! ! !

CALAHANE : Ma pauvre Sita ! Cela fait quoi… dix sept mille ans que tu as décidé de venir sur Terre. Mais as-tu oublié qui tu étais ? Tu es l’esprit du feu créateur ! Jamais tu ne feras partie de ce monde !

Sita gardait la tête baissée. Elle n’osait pas regarder en face ses amis. Elle ne voulait pas voir les visages reflétant le sentiment de s’être fait trahir. C’est une chose qu’elle n’aurait pas pu supporter et ce qu’elle imaginait était suffisamment douloureux. Surtout qu’elle savait que quelque part Calahane n’avait pas totalement tort. Et cela lui faisait encore plus mal que le reste…

CALAHANE : (soudain compatissant) Pourtant tu as essayé. Tu es même tombée amoureuse… pathétique. Mais pourtant tu sais que tu n’es pas à ta place. Combien de fois es-tu tombée dans la folie car ce corps ne pouvait supporter le poids de ton esprit ?

SITA : (avec un regard triste) Je ne veux plus t’entendre !

CALAHANE :Mais ce qui te peine le plus c’est que tu sais que j’ai raison…

SITA : Même si tu as raison, c’est mon droit. Et ceux qui t’envoient n’ont aucun droit de décider pour moi !

CALAHANE : C’est pour…

SITA : Pour quoi ? Le bien général ? Tu sais très bien que cela n’a rien à voir avec ça ! Je suis ici depuis presque vingt mille ans et la Terre ne s’est pas arrêtée de tourner pour autant ! Ce qui les dérange c’est que je suis libre alors qu’eux ça fait des milliards d’années qu’ils sont enchaînés à une ligne de conduite sans issue ! Ils pensent qu’ils contrôlent tout mais ils n’ont aucun pouvoir réel!

CALAHANE : C’est peut-être la vérité ou peut-être pas… De toutes façons je n’ai jamais compris pourquoi tu croyais tellement en cette race navrante ! Tu leur as apporté la connaissance et le peu de réflexion dont ils sont capables mais toi que t’ont-ils apporté à part une mort lente et douloureuse ?

SITA : Jamais tu ne pourras comprendre ce que j’ai gagné à leur contact! Mais je ne vois pas pourquoi je discute avec toi ! Finissons-en !

CALAHANE : (d’un ton mauvais) C’est la chose la plus sensée que tu aies dite depuis longtemps ! ! !

Sita s’approcha alors des flammes et passa littéralement au travers sans même être un peu roussie. Les immortels n’en croyaient pas leurs yeux ! Ce n’était pas possible. Ils avaient bien du mal à assimiler les révélations que la conversation entre Sita et Calahane leur avait données.

Sita serait un… esprit et Calahane avait pour mission de la ramener. Non ! Ca ne tenait pas la route ! Pourtant tout ce qu’ils voyaient ne faisait que confirmer ce qu’ils entendaient.

Methos quant à lui ne savait pas bien comment prendre la chose. Mais plus il regardait Sitalva plus il se disait qu’il ne supporterait pas de la perdre. Il se fichait de son passé, cette pensée s’imposa en lui, le surprenait lui-même. Elle aurait tout aussi bien pu lui annoncer qu’elle était la fée Morgane ou la déesse Athéna en visite sur terre, il n’en avait rien à faire. Sita restait Sita et il l’aimait plus que la vie !

Comme si elle avait entendu ses pensées, Sita se retourna et même à travers les flammes il put voir son superbe sourire.

Calahane se mit en positon. Sita garda une position décontractée.

CALAHANE : Maintenant tu vas mourir…

SITA : (très sûre d’elle) Mon pauvre Calahane, tu crois réellement pouvoir me tuer ? J’ai refusé de me servir de mes pouvoirs pendant des siècles mais tu vois aujourd’hui je n’ai plus les même réserves ! Ce jeux m’ennuie, il dure depuis trop longtemps !

CALAHANE : Je suis bien d’accord !

SITA : (désignant l’épée de Calahane) Et c’est avec ça que tu veux me renvoyer dans le royaume des esprits?

CALAHANE : Je suis un maître!

SITA : Pas autant que moi ! J’ai inventé la discipline !

Sur ce elle attaqua Calahane. Les combattants allaient à une vitesse incroyable. Les coups étaient puissants et Sita ne semblait faire aucun effort. Calahane quant à lui était couvert de sueur mais ne faiblissait pas. Le duel se poursuivit. C’était une démonstration de l’art de l’épée comme aucune des personnes présentes ne l’avaient jamais vue. Sita semblait quasi aérienne, étant un mélange subtil de grâce et de force. Pourtant il était difficile de voir qui avait l’avantage.

Après une passe très osée Calahane réussit à bloquer l’épée de Sita. Ils s’étaient arrêtés. Leurs visages étaient à quelques centimètres. Calahane aboya alors un ordre à ses sbires. Ces derniers se lancèrent à l’attaque des amis de Sita.

La scène était surréaliste. Une soixantaine de personnes se battaient à l’épée en ce début de XXI siècle.

Ils se battaient en équipes. Les moins expérimentés étaient épaulés par les plus forts. Toujours dans le cercle de feu Sitalva et Calahane croisaient le fer de plus belle. Mais Sita ne voulait pas que ses amis soient blessés ou même pire. Alors elle donna un coup de pied circulaire qui toucha Calahane au torse. L’immortel alla s’écraser à plus de deux mètres mais se releva presque aussitôt.

Un soupçon de doute l’envahit. Il pensait trouver Sitalva tellement humanisée qu’elle serait une proie facile. Mais c’était loin d’être le cas ! C’était un esprit en colère qu’il affrontait et il savait par expérience qu’il ne fallait pas mettre un esprit en colère !

Sita n’avait pas bougé. Elle se tenait droite et digne. Puis elle regarda au delà des flammes qui l’entouraient.

SITA : (incroyablement fort) Ca suffit ! ! !

Tous stoppèrent comme s’ils avaient été figés sur place. Tous les regards se tournèrent vers elle.

SITA : C’est entre toi et moi Calahane ! Et ce n’est pas comme ça que tu obtiendras ma clémence.

CALAHANE : Je ne veux pas de ta clémence mais ta mort !

SITA : (d’une voix mortellement calme) Pourtant écoute-moi bien Calahane car je ne me répéterai pas. Je te laisse le choix. Tu pars maintenant et jamais plus je n’entends parler de toi ou bien tu meurs… définitivement.

CALAHANE : (Le visage déformé par la haine) Va au Diable !

SITA : Toi d’abord ! Non… tes amis en premier !

Sita exécuta un simple geste de la main et tous les sbires de Calahane s’écroulèrent en un ensemble parfait. Elle n’avait fait qu'ordonner à leurs cœurs de cesser de battre. La surprise marqua quelques instants les traits de Calahane.

SITA : Juste toi et moi… C’est mieux non ?

CALAHANE : C’est mieux… oui…

Methos qui venait de se débarrasser grâce à Sita de son adversaire pressa sa main contre la blessure qu’il avait au bras. Il regardait comme hypnotisé l’étrange ballet qu’exécutaient les deux combattants. Il voulait que Sita gagne et reprendre une vie normale. Enfin la plus normale possible pour des gens comme eux.

Il admirait la technique de sa compagne. Elle blessa Calahane à deux reprises et ne reçut qu’un seul coup au but. La blessure qu’elle avait au flan ne semblait même pas la déranger. Elle donnait coups sur coups. Les parades de Calahane se faisaient de moins en moins précises et efficaces. Puis d’une botte judicieusement placée Sita désarma Calahane. Le colosse tomba à genoux. Avant de l’achever Sita lui murmura :

SITA : Dis aux autres que je ne suis pas prête de les rejoindre. Mais qu’un jour il auront la joie de me revoir car il ne peut en rester qu’un !

Et elle décapita l’être qui était la source privilégiée de ses cauchemars depuis près de cinq mille ans.

 

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Lieu du défi, point d’observation central des guetteurs.

Les guetteurs avaient établi un QG de campagne dans un observatoire de chasse. Ils avaient une vue imprenable sur le lieu de la rencontre et pouvaient observer tout à loisir les événements.

Ici la tension était presque palpable. Ils savaient que ce duel serait décisif pour l’avenir des immortels et même pour le reste de l’humanité. Exceptionnellement c’était un membre du haut conseil des guetteurs qui dirigeait les opérations de terrain. Le père de David regardait la transmission du combat sur l’écran de son ordinateur. Ils avaient installé des caméras un peu partout pour être sûrs de ne rien manquer. Mais le superviseur de l’opération n’oubliait pas qu’il y avait son fils là en bas !

Il avait eu un grand choc quand David lui avait annoncé qu’il était immortel. Son fils représentait la quinzième génération de guetteurs de la famille mais aussi la dernière… Pourtant quelque part le vieil homme était heureux pour son fils mais il aurait préféré qu’il ne se retrouve pas au milieu de cette histoire.

Quant il avait vu son fils se faire attaquer, le père de David ne put que serrer un peu plus fort sa canne. Son instinct de père lui disait d’aller le chercher et de le protéger. Mais une petite voix lui disait que son fils s’en sortirait qu’il était un homme maintenant…

Ce fut l’ébahissement le plus complet quand ils virent que Sitalva d’un simple geste s’était débarrassée de tous les attaquants. Mais il lui restait Calahane. Puis la première des immortels après encore dix minutes de combat finit par décapiter son adversaire.

Le ciel se chargea, faisant penser à un océan en pleine tempête. Ca allait être le plus impressionnant des quickenings jamais observés. Un halo de lumière blanche semblait entourer Sitalva. Ce halo commença à tourbillonner autour de l’immortelle et cela de plus en plus vite. Les flammes qui l’entouraient auparavant dociles se propageaient vers les bois. Les immortels durent se replier pour ne pas se faire brûler emmenant avec eux leurs ennemis. Même eux ne méritaient pas de finir brûlés vifs !

Puis se fut comme si on avait déchaîné les enfers sur terre. Les flammes se mélangeaient aux éclairs qui s’abattaient sur Sitalva. La terre tremblait et le vent qui s’était levé semblait gémir de douleur avec la première des immortels.

Pour les guetteurs perchés dans leur abri le temps semblait durer une éternité. Comment quelqu’un pouvait-il supporter une telle puissance ?

Puis la colère du ciel retomba. Le matériel informatique était inutilisable mais heureusement un des jeunes qui était devant une console avait eu la présence d’esprit de débrancher sa machine après avoir fait une sauvegarde complète.

Mais faute de mieux c’est avec des jumelles que les guetteurs purent observer la suite.

 

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Malgré la fumée et les flammes persistantes à quelque endroit Methos s’élança vers le lieu où théoriquement Sita devrait se trouver. Les dégâts étaient impressionnants. Ce quickening avait rasé une bonne partie de tout ce qui était vivant dans un rayon de cinquante mètres.

Methos arriva au centre de la clairière mais ne put voir que le corps de Calahane complètement carbonisé mais aucune trace de Sita. Quelque chose attira son attention. Il se baissa et là, à demi enfouies sous de la cendre Methos trouva la pierre et la chaîne en or que Sita avait sur le front. Il resta là à regarder ce bijou, l’esprit à la dérive.

Il sursauta quant Duncan lui posa une main sur l’épaule et il ne put que le regarder d’un air désespéré.

METHOS : Elle est partie…

DUNCAN : Elle reviendra… Tu sais qu’elle revient toujours !

Methos voulait que son ami ait raison d’ailleurs l’écossais aussi priait pour que se soit le cas…

 

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Péniche de Duncan Macleod, deux jours plus tard.

Sita se tenait sur le quai et regardait intensément la péniche. Elle savait qu’à l’intérieur se trouvaient Methos, Liam, Nick… Mais elle n’arrivait pas à se résoudre à faire le premier pas. Elle avait disparu depuis deux jours. Quarante huit heures pour réfléchir…

Elle ne savait pas comment elle serait reçue. Et s’ils se sentaient trahis. Et si Methos ne voulait plus jamais la revoir. Et si…

Stop ! ! !

Ce n’était pas son genre de s’auto-apitoyer sur son sort. Elle ne devait pas. Il fallait… Quoi ? Cela faisait deux jours qu’elle voulait prendre une décision. Jamais en dix sept mille ans elle n’avait eu un dilemme si important. Il lui semblait qu’elle allait prendre une décision dont dépendrait toute sa vie.

VOIX : On n'arrive pas à se décider ?

Sita se retourna et se retrouva face à face avec Joe. Le guetteur s’était décidé à intervenir après avoir observé la première des immortels vingt bonnes minutes. Il ne supportait plus de la voir plantée là dans son grand manteau noir comme une ombre de l’au-delà.

Sita garda le silence et tourna de nouveau son regard vers la péniche.

JOE : Ils t’attendent. Il ne faut pas les décevoir.

SITA : Vraiment ? Mais qui attendent-ils ? Je ne suis pas de leur monde !

JOE : Maintenant si ! Au bout de dix sept mille ans tu ne crois pas avoir passé le concours d’entrée de la race humaine !

SITA : Ce n’est pas si simple…

JOE : Bien sûr que si ! Là-bas il n’y a que des gens qui t’aiment et qui n’espèrent qu’une chose c’est que tu leur reviennes en un seul morceau. Pour eux tu n’es pas un esprit mais Sitalva. Quelqu’un qui pour eux est une mère, une amie, une amante... Tu t’es battue pour préserver tout ça tu n'as pas le droit de baisser les bras maintenant ! ! ! Sinon cela voudrait dire que tu es un lâche ! ! !

Sita regarda Joe comme s’il venait de la gifler. Puis elle se rendit compte qu’il avait raison. Elle s’était tant battue pour préserver cette vie, elle n’avait pas le droit de disparaître !

SITA : (doucement) Tu as raison Joe…

Puis en prenant totalement le guetteur de court, Sita l’enlaça et lui prouva ainsi à quel point sa présence et son soutien étaient importants pour elle. Puis elle se dégagea.

SITA : Merci Joe.

JOE : Tout le plaisir est pour moi ! Allez ! Vas-y !

Sitalva descendit les marches qui menaient au quai du bas et s’approcha de la péniche d’un pas décidé.

 

 

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Une chambre…

Dans le grand lit à baldaquin un couple…

Methos serrait Sita dans ses bras comme si jamais il n’allait la relâcher. Il était si heureux, il l’avait retrouvée et il ne voulait plus jamais la perdre.

Ils ne savaient pas combien de temps il leur restait à vivre mais ils avaient la ferme intention de le passer ensemble.

Ils étaient immortels pas éternels et ils en étaient pleinement conscients mais au moins ils étaient réunis…

 

 

FIN

 

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