DISCLAIMER : Tous les personnages et " sets " de cette fanfic appartiennent à Rysher/Panzer/Davis et pas à moi… sauf Philophonos, Ishikawa et Decatès ainsi que la fac de psychanalyse de Seacouver.

AVERTISSEMENT :
- Il vaut mieux avoir lu avant la fanfic " Un souvenir du passé " (et, oui, j'ai remarqué qu'un souvenir du passé c'est comme monter en haut, parce qu'on n'a pas de souvenir du futur, alors excusez-moi pour ce titre barbare). A ce propos, je crois que le niveau de cette fanfic est plus bas que celui de la précédente (moins de mystère, de nostalgie et de flash-back, et aucune intrigue principale !), alors, excusez !
- Cette fois-ci encore je l'ai écrite en mettant en boucle une chanson que je chantais à tue-tête (Breakthru de Queen), alors de nouveau, je ne garantis pas la perfection…
- J'étais tellement heureuse de trouver les lettres grecques sur mon ordi que j'en ai un peu abuser (vous inquiétez pas si vous lisez pas le grec ancien, j'ai mis la traduction lorsque c'était nécessaire).
DEDICACE : Celle-là est pour MD, qui grâce à son forum m'a permis de partager ma passion pour Méthos avec plein de gens, ce qui m'a fait écrire des fanfics. Et puis Mayumi aura compris qu'elle était un peu aussi pour elle en voyant le personnage d'Ishikawa (j'espère qu'il te vexera pas ! !). Merci, les filles ! !







« Un Immortel dans ma vie… »
par (Satan Petite) Flore


Comme tous les matins depuis plus de 5000 ans, Méthos sortit de son sommeil et ouvrit les yeux. -en fait, non, il n'avait pas toujours ouvert ses deux yeux le matin, vu qu'il lui était arrivé d'être borgne, il y a plusieurs milliers d'années, et la blessure avait mis plusieurs jours à guérir, et puis il ne faut pas oublier les fois où il s'était réveillé l'après-midi.
Comme tous les matins (ou presque) depuis 5000 ans, Méthos se demanda pourquoi les nuits n'étaient pas plus longues…
Et comme tous les matins depuis 5000 ans, Méthos se demanda pourquoi il se réveillait toujours au-dessus des couvertures, alors qu'il commençait la nuit en dessous. (Il avait aussi trouvé la réponse à cette question : beaucoup de personnes avec qui il avait dormi lui avaient signalé qu'il bougeait assez.)

Et ce matin plus particulièrement, Méthos avait envie de tuer son voisin qui l'avait réveillé -un coup d'œil à la montre- à 10H45 ! Monde de barbares ! Est-ce que lui réveillait les gens à des heures si matinales ? Son côté optimiste lui signala qu'au moins, il serait réveillé pour l'apéritif, mais là n'était pas la question.
La grande question du jour (qui avait souvent été la même en 5000 ans) était : " Que faire de la journée ? " Le fait est que Méthos avait décidé de bouger aujourd'hui : cela faisait plus de deux semaines qu'il vivait de livres et de bière fraîche sans sortir de chez lui. Le monde est horrible quand on s'ennuie, et surtout quand on n'a plus rien ni à lire ni à boire.
Méthos fit un effort, sortit de son lit et se dirigea vers la cuisine. Il n'avait pas envie de sortir, pas envie de s'habiller, pas envie de marcher, pas envie de rencontrer des gens, pas envie d'être comme tout le monde.
Méthos s'assit à son ordinateur et consulta ses mails en sirotant un jus d'orange. Pas grand chose d'intéressant… Méthos se connecta sur la page des Guetteurs comme s'il en faisait encore partie, ce n'était pas bien difficile -le plus dur avait été de découvrir leur existence.
Là, par contre, il y avait une nouvelle intéressante. Quelqu'un le chassait. Il était encore loin de le trouver, mais c'était assez inusuel pour qu'il le remarque : d'habitude, les Immortels ne perdaient pas leur temps à chasser des légendes.
Phil Decatès était sa couverture actuelle (il n'était pas mention d'un autre nom dans le rapport). Actuellement, il était Anglo-grec (tiens, un compatriote), programmeur-infographiste et célibataire. A part ça, il avait…WOW, plus de 2000 ans, c'était pas tous les jours qu'il avait l'honneur d'être chassé par un si vieil immortel…
Apparemment, Decatès était arrivé à Seacouver sur la piste du faux Méthos -le vrai ne se faisant jamais repérer, que ce soit par des Guetteurs ou des Immortels. Et il traquait tous les Immortels de la ville pour savoir ce qu'il retournait vraiment de (ce) Méthos, savoir s'il était encore en vie et en ville, ce qu'il avait fait ici.
Curieux, Méthos se demanda s'il devait le récompenser pour son travail acharné et le rencontrer, mais Decatès cherchait sûrement le faux Méthos, l'idéaliste. Et puis il n'avait pas survécu 5000 ans en se présentant à toutes les personnes susceptibles de couper sa tête… Decatès chercherait encore.

Sur ces sages pensées, Méthos se rendit compte qu'il était l'heure de remplacer son jus d'orange par une bière et de passer à autre chose.
Activité de la journée : relire l'intégrale de Byron (non ! plus de lecture) ? Embêter MacLeod (toute la journée ?) ? Boire jusqu'à tomber dans le coma éthylique (celle-là lui plaisait tout particulièrement) ? Monter dans n'importe quel avion et visiter le pays dans lequel il atterrirait (bof, il les connaissait déjà tous) ? Méthos avait la très nette impression que ça vie tournait en rond ces temps-ci… Il était temps de … de quoi ?
Changer ? Pas question ! D'inventer quelque chose ! Voilà une idée particulièrement bonne, le seul problème étant que quand on n'a pas assez d'imagination pour meubler sa journée, on a du mal à " inventer " quelque chose…
Il avait enfin trouvé ! Il allait étudier la psychanalyse ! (Mais pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?) Oh, ça lui servirait sûrement dans ses joutes verbales et pour savoir quand il était sur le point de devenir dingue (ce qui lui arrivait assez souvent sans que personne ne s'en rende compte -et souvent même pas lui).

Méthos passait pratiquement inaperçu dans l'amphi où il s'était infiltré (quel besoin de s'inscrire ?), n'ayant pas l'air particulièrement vieux pour faire des études. Seules quelques étudiantes remarquèrent le " nouveau " (il faut dire qu'il était rare que les filles ne le remarquent pas, ce qui ne le laissait pas toujours indifférent) et lui souriaient de temps en temps ce qui agrémentait particulièrement le cours pour le moins ennuyeux… Quelle idée ! Il aurait du étudier la psychanalyse dans les livres (même s'ils manquent singulièrement de regards indécents de jeunes filles) ! Il commençait à se demander comment il s'était mis en tête d'étudier la psychanalyse… Encore une de ses passades où il avait de drôles d'idées… A se demander si ça arrivait à d'autres personnes de faire parfois n'importe quoi.
Le seul passage agréable de son escapade à l'université fut son pique-nique improvisé en tête-à-tête avec deux des étudiantes à qui il avait fait de l'effet. Bien qu'il l'ait passé à mentir effrontément, sur son âge (26 ans ! Mais comment pouvaient-elles avaler un bobard pareil ?), sur ce qu'il faisait en cours, sur ce qu'il faisait de sa vie (rien n'aurait pas été une réponse très flatteuse)… il n'avait juste pas menti en disant qu'il parlait plus de cinq langues et qu'il avait beaucoup voyagé…
Mais les jeunes filles ne valaient malheureusement pas le coup d'endurer la fac plus longtemps.

N'ayant rien de mieux à faire, Méthos rentrait chez lui en réfléchissant assidûment à son activité du lendemain, quand il sentit la présence d'un autre Immortel. Assez vieux, ce n'était pas MacLeod… peut-être ce… comment il s'appelait déjà ? Decatès. Celui qui le chassait -où tout du moins qui le cherchait.
Et puis plus rien. Il était passé dans une rue adjacente et n'avait même pas dévié de son chemin. Peut-être ne l'avait-il pas senti ? Méthos avait une " sensibilité " plus élevée que les autres Immortels…
Ce n'était pas lui qui allait s'en plaindre !

Tout-à-coup Méthos réalisa que l'émotion lui avait donné assez soif et qu'il était assez proche du Joe's bar pour y faire un petit détour.
En ouvrant la porte, Méthos sentit la présence de deux Immortels : il reconnut l'un comme l'inconnu de tout à l'heure et l'autre était sans aucun doute possible MacLeod.
Si MacLeod était dans la même pièce qu'un autre immortel sans qu'ils combattent, il y avait peu de chances pour que l'immortel en question lui cherche des noises (sauf si c'était une deuxième Cassandra), surtout si c'était un adepte de l'idéologie de l'autre Méthos…

Decatès -Méthos était certain que c'était lui, il " sentait " qu'il était assez vieux - était assis au bar entrain de parler avec MacLeod, Méthos ne le voyait que de dos. Et pourtant, il lui semblait étrangement familier… Pourtant cette silhouette aux cheveux courts (bien que moins que ceux de Méthos) ne lui disait rien de plus que le nom Decatès…
Celui-ci tourna légèrement la tête. Maintenant, c'était sûr, il le connaissait, mais d'où ? Un immortel qui connaissait son nom, mais dont il ne se rappelait pas le visage ?
Un sourire éclaira le visage très jeune et angélique du pourtant vieil immortel, et là, Méthos se rendit enfin compte de qui il s'agissait.
Il tomba dans les pommes alors que MacLeod et Decatès l'avaient aussi senti et se tournaient vers lui, puis accouraient, le voyant défaillir.

- On s'évanouit dans mon bar, maintenant, Méthos ? L'âge te rend gâteux ?

La voix de Joe. Elle semblait encore un peu distante. Il n'avait pas trop envie de retourner à l'état conscient, en fait. Jusqu'à ce qu'il entende une toute autre voix.

- Je ne pensais pas que je lui ferais autant d'effet, même s'il m'a toujours beaucoup apprécié. A ce propos, Monsieur MacLeod, il faut que je vous raconte la fois où je me suis battu contre celui qui était le plus vieux des immortels avant Méth…
- PHILOPHONOS ! ! !
- Alors tu te réveilles, maître ?
- Si tu es là c'est que je suis encore entrain de dormir… et de rêver.
- Pourquoi donc ? Il fallait bien qu'on se rencontre quand même après toutes ces années.
- Mais tu es mort !
- Ah bon ? Tu sais, maître, j'ai toujours pris comme parole d'Evangile tout ce que tu me disais, mais pour une fois il me semble que tu as un peu tort… Tu pourrais au moins dire que tu es heureux de me revoir ! Tu m'as beaucoup manqué, à moi, et ça me fait vraiment plaisir de te voir -en vie.

Méthos se leva d'un bond et s'accrocha au cou de son ancien élève penché sur lui. Et pour une fois, c'était Philophonos qui était gêné.

- Je vois que tu as enfin compris quels sentiments tu as pour moi… Un peu tard tout de même.
- Imbécile !
Méthos s'écarta un peu de son élève de façon à essuyer les larmes qui allaient commencer à couler de ses yeux et le reprit dans ses bras.

- Imbécile ! Tu es la honte de ton maître !

Méthos souriait de tout son cœur en disant ses paroles qu'il avait prononcées si souvent par le passé et qu'il ne pensait pas redire un jour. Cette fois-ci, c'est Philophonos qui s'écarta de son maître.

- Tu l'as toujours ?

Il avait dit ça en plongeant sa main dans le col de Méthos et en en sortant un pendentif.

- C'est une longue histoire…
- Il faudra que tu me la racontes, j'adore quand tu racontes des histoires…

MacLeod était au moins aussi étonné que Méthos, mais pas pour les mêmes raisons. Il était déjà incroyable que ce garçon qui demandait des histoires et qui semblait avoir 15 ans était de beaucoup plus âgé que lui -même s'il était habitué au concept de non-vieillissement des Immortels. Et puis, comment un garçon aussi gentil, poli et franc pouvait être l'élève de Méthos ? Mais surtout, ce qui l'étonnait le plus, c'était l'attitude de Méthos, presque plus enfantine que celle de son élève : il laissait s'exprimer ses (grands) sentiments en public. MacLeod avait la nette impression que Philophonos connaissait mieux, mais bien mieux, Méthos que n'importe qui qu'il ait rencontré auparavant. Comme si le voile de mystère s'était levé juste pour lui…

- Pourra-t-on se revoir demain ?
- Pourquoi, tu ne restes pas ce soir ?
- Non, j'ai quelque chose à faire.
- On ne se voit pas en 2000 ans, je pense que tu es mort et quand on se retrouve tu as quelque chose de plus intéressant à faire ? A croire que tu ne m'apprécies plus autant qu'auparavant…
- Tu sais bien que je n'abandonne pas facilement.

Philophonos avait dit cette phrase sur un air moqueur, voyant que son maître comprenait qu'il faisait allusion à toutes les fois où il l'avait prononcée pour lui expliquer pourquoi il restait avec lui.

- Allez, vas. De toute façon, nous aurons tout le temps de discuter plus tard.
- Discuter ?

Philophonos avait prononcé cette phrase sur un ton très déçu… comme s'il disait " Discuter seulement ? ".

- Oui, discuter. Tu sais bien que je suis aussi têtu que toi et que je ne change pas d'avis aussi facilement.
- Alors je reviendrai ici demain, maître.
- Je t'ai déjà dit que tu pouvais m'appeler Méthos, je ne t'apprends plus rien depuis bien longtemps.
- Alors, à demain, o MeqoV.

Joe et Mac furent surpris de la façon dont Philophonos prononçait le nom de son maître, mais aucun des deux n'avait jamais appris à parler le grec ancien… Philophonos parti, par contre, ils revinrent tout de suite de leur étonnement pour questionner Méthos.

- Je n'en reviens pas.
- Quoi ?
- Mais que tu es un élève comme lui ! Quand on voit les fréquentations que tu avais à cette époque, je n'imaginais pas qu'un garçon aussi… aussi parfait pouvait être ton élève.
- Philophonos n'est pas Kronos ! Je l'ai rencontré après avoir quitté les Cavaliers de l'Apocalypse. C'était du dépaysement… Et je te signale que le " garçon " dont tu parles aura bientôt 3000 ans, ce n'est pas lui qui devrait t'appeler " monsieur ", mais toi. Il le fait parce que, contrairement à toi, il a été bien éduqué, et son éducation c'est à moi qu'il la doit.
- Et modeste avec ça. Excuse-moi pour le " garçon ", mais il a l'air si jeune…
- 15 ans. Je l'ai rencontré quelques mois après sa première mort.
- Et il a l'air de t'apprécier particulièrement.
- Merci, j'avais remarqué. Je l'ai laissé seul il y a 2000 ans à cause de ses avances.

Méthos faillit ajouter " parce que j'avais peur d'y succomber ", mais il s'en reteint pour ne pas avoir à subir de moquerie de la part d'un de ses amis.

- Au lieu de noter tout ce que tu peux sur ma vie pour le rajouter à ma chronique tu pourrais faire ton métier et me servir une bière, Joe.
- Mais faire les chroniques d'immortels est aussi mon métier.
- Je vais finir par ne plus fréquenter ton bar et tu perdras un de tes meilleurs clients.
- LE meilleur, s'il payait ce qu'il consomme. Et comme ce n'est pas le cas, il me mène droit à la faillite…
- Que dirais-tu si je te payais ma bière avec des informations ?
- Continue.
- Il y a une erreur dans la chronique de Philophonos. Si je l'ai cru mort, c'est parce que je l'ai appris des Guetteurs. Et pourtant, tu le vois comme moi il est encore vivant, et comme par hasard, l'homme qu'il est actuellement n'est connu des Guetteurs que depuis environ 2300 ans environ, peu après la date présumée de sa " mort ". D'ailleurs j'aimerais bien savoir comment c'est possible, j'ai même vu sa tombe.
- C'était peut-être celle d'un autre ?
- Vu qu'il est vivant, ce n'était sûrement pas la sienne ! Pourtant elle était dans son village natale et son nom était dessus, et je suis sûre que de toute la Grèce, il n'y avait pas un homme qui avait le même.
- Le mieux serait de lui demander, non ?
- J'y compte bien.

Méthos quitta assez tôt le Joe's bar ce soir-là. Il en avait assez d'avoir à répondre aux questions sur Philophonos. Il se coucha tout de suite une fois chez lui, attendant avec impatience le lendemain.
On peut dire que le fait d'être réveillé à trois heures du matin par quelqu'un qui toquait à sa porte ne lui fit pas plaisir. Un immortel en plus.

- Si c'est toi, Amanda, je te coupe la tête, je t'avais prévenue.

Méthos fut surpris mais heureux de découvrir Philophonos derrière la porte. Il rabaissa son épée et l'invita à rentrer.

- Amanda ? Encore une élève qui te court après ?
- J'aimerais mieux. Mais non. C'est une fille indisciplinée qui m'embête à chaque fois que MacLeod a un problème. Tu en as fini avec ton rendez-vous important ?
- Oui. J'ai eu du mal à trouver ton appartement. Surtout qu'il y avait écrit Adam Pierson sur la porte.
- Que veux-tu les temps changent et Méthos n'a jamais été un nom courant… Et puis tu sais bien que la tête du plus vieil immortel attire les convoitises, je préfère rester une légende. D'ailleurs je trouve qu'Adam Pierson sonne mieux que Phil Decatès, où t'as pêché un nom pareil ?
- Comment ça, où ? C'est ce que j'ai trouvé de mieux qui ressemble à mon nom !
- Depuis quand ça ressemble à ton nom ?
- Ben, Phil comme Philophonos et Decatès comme mon vrai nom.
- Excuse-moi, j'avais oublié ton " vrai " nom ! Moi, j'n'ai jamais tenu à avoir un nom ressemblant à Méthos, et comme je ne me souviens pas de mon " vrai " nom,…
- Et dire que j'essayais de garder un nom proche de ce que tu connaissais pour que tu puisses me retrouver plus facilement si l'envie t'en prenait !
- A ce propos, je t'aurais bien cherché une fois ou deux, mais je pensais sincèrement que tu étais mort.
- Comme si je ne savais pas me battre !
- J'ai vu ta tombe.
- Ah, ça !
- Comment ça, " ah, ça " ? Tu aurais pu te douter que si je te cherchais, je commencerais par ton village natal, et comme j'y ai trouvé ta tombe, je n'ai pas cherché plus loin. D'ailleurs j'ai aussi entendu qu'un autre immortel t'avait tué.
- Ekisi ?
- Oui, Ekisi. Mais c'est qu'il est au courant et qu'il ne m'aurait même pas prévenu ?
- Tu veux dire que tu as rencontré Ekisi et qu'elle ne t'a pas dit où j'étais ?
- Ah, parce qu'en plus c'est " une " immortelle… Je ne l'ai pas rencontrée personnellement, j'ai juste appris qu'elle t'avait tué.
- C'est Kronos qui te l'a dit ? Tu sais si elle est encore en vie ?
- Calme-toi et raconte-moi tout que je sache ce que Kronos a à voir là-dedans…

Sparte, 325 avant J-C.

Philophonos était à Sparte pour dire à Sophia qu'elle n'avait plus à attendre son mari, sachant bien que Méthos ne prendrait pas la peine de le faire et préférant que la jeune femme le pense mort.
Quand il arriva devant la maison de celle qui fut la femme de son maître, il fut surpris de sentir la présence d'un autre immortel. Alors Méthos serait revenu à Sparte ?
Philophonos se précipita à l'intérieur pour découvrir qu'il ne s'agissait pas de Méthos, mais d'un autre immortel, avec une cicatrice lui barrant l'œil droit…
Celui-ci sortit immédiatement son épée et Philophonos fit de même.

- Je suis Philophonos, élève de Méthos. Que viens-tu faire dans la maison de celui qui a été mon maître ?
- Elève ? J'aurais du m'en douter vu la façon dont tu tiens ton épée. Je n'ai rien contre toi, petit, dis-moi juste où je peux trouver Méthos.
- Il est mort.

Philophonos préférait mentir tant qu'il ne savait pas à qui il avait à faire et que Sophia était présente.

- Allons donc. Tu veux me faire croire ça ? Méthos est du genre à survivre, quoi qu'il arrive. Si tu ne me dis pas où il est, je vais devoir prendre ta tête…

Comme toute réponse, Kronos obtint un coup d'épée qu'il para sans difficulté. Philophonos avait beau être doué, Kronos lui était supérieur, surtout que ce dernier connaissait une bonne partie des techniques de Méthos. Il jouait littéralement avec lui. Philophonos avait déjà reçu plusieurs blessures sans grande importance et sorti sa seconde épée quand Kronos décocha un coup de flan dans son bras droit.
Ne pouvant plus lever la plus lourde de ses épées, Philophonos se fendit dans un dernier geste désespéré et blessa Kronos à la jambe avec son épée courte. N'attendant pas une seconde, il sauta par la fenêtre et monta à cheval, espérant que la blessure de Kronos lui laisserait un peu d'avance.
A la sortie de la ville, il osa jeter un coup d'œil derrière lui et fut soulagé de voir qu'il n'était pas suivi. Ses blessures étaient déjà guéries, mais ses vêtements en avaient pris un coup.

Après cet événement, Philophonos voulut rentrer dans son village natal, mais comme Sophia pouvait très bien avoir délivrer cette information à Kronos, il n'en fit rien. Croisant une jeune immortelle en cours de route et liant amitié avec elle, Philophonos eut une idée pour se protéger de son nouvel ennemi. Il demanda à Ekisi de dire à quiconque qu'elle l'avait tué dans son village natal, sauf si elle rencontrait Méthos. Dans ce cas, elle devait lui dire où se trouvait Philophonos.

- Il y a comme une faille à ton plan ! Si Kronos avait rencontré Ekisi, il aurait pu lui faire dire où tu étais…
- Non, parce que je ne lui avais pas dit. Je lui ai dit de te dire que j'allais là où je voulais aller…
- Au Japon…
- Et oui ! Avant d'aller au Japon, je fis un détour par la Crête pour construire ma tombe et rendre mon histoire plus crédible. Je n'ai plus jamais entendu parler de Kronos…

Pris d'une idée subite, Méthos se dirigea vers son ordinateur et se connecta au site d'information des Guetteurs.

- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je regarde qui a tué Ekisi.
- Elle est morte ? Et comment as-tu accès à de telles informations ?
- Dysalote… C'était un des pseudonymes de Caspion.
- " Dysalote " ? " Difficile à chasser " ? Voilà un immortel qui s'est trouvé un joli nom…
- Ce n'est pas lui qui l'a trouvé mais moi.
- Si c'est Caspion qui a tué Ekisi, je suppose que c'est bien Kronos que j'ai rencontré.
- Je ne connais pas d'autre immortel avec une cicatrice sur l'œil droit qui fréquente Caspion…
- Wow ! J'ai tenu tête au chef des Cavaliers de l'Apocalypse ! !
- C'était moi, le chef !
- Ah bon ? Tu n'as jamais dit ça. Bon, c'est pas grave, Kronos était tout de même un adversaire de taille.
- Tu peux le dire. Je pense qu'à part le Kurgan, MacLeod et moi, tu es le seul à avoir survécu à un combat contre Kronos.
- Il a affronté Kronos ?
- Qui ça ? Le Kurgan ? Mais, oui, je te l'ai déjà raconté des dizaines de fo…
- Je parlais de Monsieur MacLeod.
- Tu vas arrêter avec tes " monsieur " ? C'est insupportable ! Je t'ai jamais appris à être aussi poli ! Mais oui, il a affronté Kronos… et il l'a vaincu.
- Tué ?
- Oui.
- Et tu n'es pas triste ?
- Si, un peu. Kronos était un ami de longue date… Plus qu'un ami, un frère…
- J'adorais quand tu me parlais des Cavaliers de l'Apocalypse. Pas de tous les crimes que vous avez commis, mais de l'amitié qui vous liait… J'aurais aimé être ton " frère " aussi.

Méthos réalisa qu'il avait devant lui la seule personne devant laquelle il ne s'était pas caché de son passé avec Kronos et les autres. Philophonos était même fier que son maître soit un de ces fameux Cavaliers… Pourquoi MacLeod ne réagissait pas comme ça ? Conflit de générations ?

- Si tu avais été un cinquième Cavalier de l'Apocalypse, tu serais sûrement mort à l'heure qu'il est : je suis le seul survivant, et cela seulement parce que j'ai eu la chance d'avoir rencontrer et lier amitié avec MacLeod avant que Kronos ne me retrouve.
- Ce MacLeod m'étonne. Il m'avait tout l'air d'un très jeune immortel qui pensait tout savoir, mais il a été très sympathique avec moi, et s'il est ton ami…
- Ne t'inquiète pas, ça m'a étonné moi aussi. Mais il est si agréable à critiquer et son frigo est toujours plein…

Philophonos éclata de rire aux raisons données par son maître pour justifier son amitié avec MacLeod. Lui savait bien que Méthos avait du mal à rester plusieurs siècles seul et surtout qu'il aimait les gens qui savaient ce qu'ils voulaient. Kronos voulait être puissant, MacLeod était apparemment épris de justice, mais les deux étaient identiques aux yeux de Méthos.

- A ce propos, tu veux boire quelque chose ?
- Ce n'est pas vraiment l'heure, non ? Mais si tu veux je peux m'habiller et on sort, je n'ai plus rien chez moi.
- Alors je préfère rester sobre et que tu restes en caleçon.
- Philos !
- Quoi ? Tu sais bien que contrairement à toi je suis franc ! Et puis on est mieux ici pour " discuter "…
- Si tu continues je te mets dehors et je me recouche !

Prenant ses paroles comme un défi, Philophonos posa un genou sur le lit sur lequel était assis Méthos et l'embrassa. Ce dernier finit par le repousser.

- J'avais envie de faire ça depuis que je t'ai vu tout à l'heure, mais je me suis dit que je pourrais rendre MacLeod jaloux.
- Aucun risque. Et ne fais pas ce genre d'allusions en sa présence ou sinon je ne garantis plus rien pour ta tête…
- Tu crois qu'il se battrait contre moi ?
- Non, c'est moi qui te tuerais… Franchement, tu me vois avec cet imbécile d'Ecossais, cet immortel parfait ? Ce type n'a pas un dixième de mon sens de l'humour… et il n'est même pas mignon !
- A ce propos, je t'ai dit que t'étais pas trop mal avec les cheveux courts ?
- " Pas trop mal ", c'est tout ? Dis tout de suite que c'est horrible, tant que tu y es ! Et tu pourrais te relever s'il te plaît ? C'est gênant !
- Peur de succomber ?
- Non, je ne succombe pas à des personnes qui insultent ma coupe de cheveux. Et puis toi aussi tu étais mieux avec les cheveux plus longs. Comment ça se fait qu'ils n'ondulent plus ?
- Intéressé par mon physique ?
- Philos ! Dehors ! Je n'en peux plus ! Apparemment tu n'es toujours pas capable de tenir une conversation d'adultes et tu n'as pas compris la leçon de la dernière fois.
- Quoi de plus adulte comme conversation ?
- J'ai dit " Dehors " !
- Pour de vrai ?

Méthos était sidéré : il ne se souvenait plus que Philophonos lui tenait autant tête. Et le pire, c'est qu'il craquait aux yeux de chien battu que Philophonos avait associés à sa dernière phrase. Prendre un air innocent comme ça devait être une des seules choses qu'il avait retenues de son maître… Et le pire, c'est que ça marchait : il n'avait vraiment pas envie de le mettre dehors.

- Tu peux rester, mais je m'habille et tu essayes de restreindre tes pulsions.
- C'est plus dur que tu ne le crois…

Le lendemain, MacLeod se rendit assez tôt au Joe's bar : il n'avait pas envie de louper les secondes retrouvailles de Méthos avec son élève. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'à l'heure où il sortait de chez lui, les deux comparses étaient encore ensemble, chez Méthos, entrain de discuter.
Il se maudit lui-même d'être passé par une rue déserte quand il sentit la présence d'un autre immortel. Il sortit tout de suite son épée, il allait régler ça rapidement.
C'était une immortelle, qu'il ne connaissait pas. Elle était d'origine asiatique, avec de longs cheveux noirs et elle tenait un cimeterre à double tranchant.

- Duncan MacLeod du clan MacLeod.
- Mayumi Ishikawa. Tu as une belle lame, Highlander…
- Comment connais-tu ce nom ?
- Qui ne le connaît pas ?

Le combat commença très rapidement par une série d'assauts répétés de Duncan, juste pour voir si son adversaire avait un certain niveau. Ishikawa enchaînait esquive sur parade, et MacLeod se rendit compte que ce n'était pas la technique à utiliser, car son adversaire était plus rapide que lui, et surtout, sa tenue de sabre... Mais oui, elle tenait son sabre à l'envers. Avec une arme recourbée comme la sienne, cela limitait les dégâts à l'adversaire mais lui offrait des parades sans faille.
Le combat était très équilibré, Duncan portant la plupart des attaques, mais aucune n'arrivait à atteindre son adversaire.

- Il va falloir que j'abrège ce combat, Highlander, j'ai un rendez-vous. De toute façon, je n'avais pas l'intention de te tuer !

En disant ces mots, Ishikawa sortit une épée courte de ses vêtements et se fendit très loin. L'épée courte s'enfonça jusqu'à la garde dans l'abdomen de MacLeod.

Arrivant chez Joe un peu plus tard que prévu vu qu'il était rentré chez lui changé de sweat, MacLeod ne se soucia même pas du fait que ni Méthos ni Philophonos n'étaient présents et se précipita vers son Guetteur, l'épée courte qui avait été plantée dans son ventre à la main.

- Qu'est-ce que tu peux me dire sur une immortelle du nom de Mayumi Ishikawa ?
- Calme-toi ! Mayumi Ishikawa ? Ca ne me dit rien… Pourquoi, qu'est-ce qu'elle t'a fait ?
- On s'est battu il y a une demi-heure…
- Tu l'as tuée ?
- Non, c'est elle qui m'a battu, mais pas très loyalement. Heureusement pour moi elle n'en avait pas à ma tête.

MacLeod sentit tout à coup la présence de deux immortels qui arrivaient. L'un devait être Méthos.
Et effectivement, Méthos était accompagné de son élève et les deux riaient aux larmes.
- Tu vois, je t'avais dit qu'ils seraient entrain de nous attendre.
- Personnellement, je ne suis pas ici pour tes retrouvailles avec ton élève mais pour parler avec Joe.
- Mais, oui, c'est ça. Tu vas me dire qu'un immortel inconnu est arrivé en ville et a tué un de tes vieux amis.
- Non, en fait, elle m'a attaqué directement.
- Ce n'est pas beau de mentir MacL…

Méthos fut interrompu par la présence d'un autre immortel. Philophonos et MacLeod le sentirent peu après lui. C'est Ishikawa qui rentra.

- J'avais peur que tu n'arrives avant moi, Mayumi.

Méthos et Duncan regardèrent Philophonos avec de grands yeux. Ceux de Méthos étaient empreints d'une certaine jalousie, alors que Duncan se demandait s'il allait enfin connaître le fin mot de l'histoire…

- Je t'avais dit que j'avais quelqu'un à te présenter, Mayumi. Voici celui qui a été mon maître.
- Enchantée, monsieur. Mayumi Ishikawa.
- Enchanté aussi. Qui est-ce Philophonos ? Ta femme ?
- Non, c'est mon élève.

Mayumi avait du mal à lever les yeux vers Méthos. Bien qu'il soit moins impressionnant qu'elle ne l'aurait cru, elle n'osait pas le regarder en face. Et le pire, c'est qu'elle le trouvait terriblement mignon.

- Qu'est-ce que tu bois, Mayumi ?

C'était la voix du mortel derrière le bar. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle n'avait pas bougée et continué de fixer le sol alors que Méthos, Philophonos et MacLeod s'étaient lancés dans une discussion sur son combat de tout à l'heure. Méthos était encore plus mignon quand il riait aux dépens de l'Highlander.
Elle rougit et finit par se tourner vers Joe et s'asseoir au bar.

- Comme tout le monde.

Joe sortit une bière et entama la conversation. Il n'aimait pas la voir mal à l'aise.

- Ne me dis pas que tu es impressionnée par Méthos alors que tu as battu MacLeod cet après-midi ! ?
- Si, un peu. Il semble tellement sûr de lui.
- C'est à toi ?

Joe avait dit la dernière phrase en poussant l'épée courte de Mayumi restée sur le comptoir vers elle.

- Oui. Merci. Vous connaissez beaucoup d'immortels, apparemment.
- J'ai ce privilège. Le fait est que Duncan MacLeod en ramène un certain nombre. Quel âge as-tu ?
- 408 ans, je suis née en 1592.
- Ca me rappelle quelqu'un…
- Ah bon ?
- C'est la même année de naissance que Mac.
- Je l'imaginais plus jeune… non, plus vieux…en fait je n'en avais pas la moindre idée. Tout ce qu'on dit sur Méthos, c'est vrai ?
- Je crois que pour ce qui est de Méthos, on ne sait jamais ce qui est vrai. Ton maître en sait plus sur lui que moi, ça j'en suis sûr.
- Mon maître est très subjectif dans son avis sur Méthos…
- J'avais cru comprendre ça, aussi. Tu pourras peut-être me renseigner plus explicitement, toi, tu sais s'ils étaient " ensemble " ?
- Plus ou moins, je crois. Philophonos ne doute jamais de l'amour que lui porte Méthos, mais le fait est qu'il s'est fait jeter.
- C'est joliment dit. Tu sais, tu devrais te mêler à leur conversation, ça te concerne, et si Philophonos t'a fait venir ici, c'est pour que tu fasses la connaissance de Méthos, je suppose, et pas d'un vieux barman…
- Pas aussi vieux que moi.
- Je te l'accorde. Allez, vas. Tu n'as qu'à apporter cette bière à Méthos, et je suis sûr qu'il t'intégrera tout de suite à la conversation.

Elle remercia le mortel par un sourire et se dirigea vers le groupe d'immortels, de façon à se placer entre Méthos et Philophonos. Elle tendit la bouteille qu'elle avait en main à Méthos.

- Tenez, on m'a dit qu'avec ça je pourrais m'attirer votre bienveillance.
- Et on t'a bien informée. Alors comme ça tu as battu MacLeod ? Raconte-nous un peu ça, qu'on s'amuse.
- Il n'y a pas grand chose à raconter, Monsieur MacLeod est un bon bretteur.
- Mais qu'est-ce que vous avez tous à l'appeler " Monsieur " ? Ma parole, où est-ce que je suis tombé ?

Mayumi rougit comme une pivoine à l'idée d'avoir embêté le maître de son maître.

- Je peux voir ton arme ?

Sans relever la tête, Mayumi sortit son cimeterre et son épée courte.

- Ce n'est pas trop dans le style de Philophonos, mais elle m'a l'air efficace. Quant à l'épée courte, je ne pensais pas la revoir un jour… Mais autant qu'elle soit dans tes mains…
- Vous voulez dire… qu'elle vous a appartenu ?
- Mais, oui, j'avais fini par la donner à Philophonos parce qu'il a la fâcheuse habitude de désirer tout ce que je possède.
- Tu es méchant, maître. Je pensais que tu me l'avais donnée car tu étais fier de moi.
- Comme tu veux.

MacLeod se sentait tout à coup éjecté de la conversation… Il se décida à y re-rentrer.

- La façon dont tu tiens ton cimeterre est intéressante, mais elle diminue tes capacités d'attaque.
- Je ne m'en sers que pour jauger un adversaire. Il n'est pas souvent utile d'avoir à le retourner.

MacLeod rougit à l'idée qu'elle n'avait effectivement pas eu besoin de changer la position de sa main sur la garde pour le battre. Méthos vit l'embarras dans les yeux de Mac et en profita.

- Alors ? Honteux de s'être fait battre par une élève d'un de mes élèves ?
- Je suis sûr qu'il n'y a plus rien de toi dans sa façon de combattre.
- Ah bon ? Pourtant j'ai cru comprendre qu'elle tenait son épée à l'envers et qu'elle t'avait achevé à l'épée courte. Deux choses que je fais souvent en combat.
- D'accord, elle m'a battu. Mais toi, je te prends quand tu veux, et tu verras que me battre n'est pas si simple qu'il n'y paraît.
- Ce serait dommage de te tuer, Mac, Joe ne me laisserait plus entrer dans son bar et je n'aurais plus aucun endroit où boire gratuitement. Il serait plus sage de remettre notre confrontation ultime à plus tard, tu veux bien ? D'ailleurs en parlant de ça, je suis incroyablement fatigué. J'espère que personne ne se vexera si je pars maintenant ?
- Fatigué ? Toi ? A dix heures du soir ?
- Quand je suis debout depuis une vingtaine d'heures sans avoir eu une nuit de sommeil convenable, oui, je commence à fatiguer. Philophonos ?
- Tu m'appelles alors que tu vas te coucher ? Un de mes rêves qui se réalise ?
- Je suppose que tu as un endroit où dormir.
- Chez toi, pourquoi ?
- Parce que dans ce cas il faudra que tu partages le canapé avec Mayumi.
- Pourquoi ? Je peux dormir avec toi, c'est plus simple.
- Philos ! Essaye d'être sérieux ! Je rentre chez moi et j'aimerais juste savoir si vous m'accompagnez, Mayumi et toi. Je me fiche d'où tu dors tant que tu ne me gênes pas !
- Alors j'accepte l'invitation, et j'amène Mayumi avec moi, je ne pense pas qu'elle est envie de rester seule.
- C'est gentil de me demander mon avis.
- Tu préfères dormir à l'hôtel sans ton maître préféré ? Ou peut-être aimerais-tu tester la chambre d'amis de MacLeod ?
- Je viens avec.

Le temps de cette conversation, Méthos avait déjà souhaité une bonne nuit à Joe et était arrivé à la porte. Les trois immortels quittèrent le bar en moins de temps qu'il n'en a fallu pour l'écrire.

- Alors MacLeod, tu n'es pas trop déçue que la petite préfère aller chez Méthos ?
- Je n'aime pas trop l'idée d'accueillir chez moi des immortels qui m'ont battu. J'aime ma tête là où elle est.
- Franchement, je ne pense pas qu'elle te veuille du mal.
- J'en doute aussi. Et pourtant elle était si différente pendant notre combat !
- Comment ça ?
- Elle me semblait beaucoup moins timide, plus confiante.
- C'est à cause de la présence de Méthos. Réfléchis, pour elle tu es un immortel comme un autre, tu as même le même âge qu'elle. Mais Méthos est une légende, le plus vieux des immortels et qui plus est, celui qui a tout appris à son propre maître. Tu ne serais pas impressionné si tu rencontrais Ramirez ? Et quand on voit à quel point Philophonos idolâtre Méthos, on peut se dire que ça a du embarrasser la petite.
- Méthos était déjà un mystère, mais avec ces deux-là en plus, ça devient vraiment n'importe quoi.

Comme il l'avait dit, une fois chez lui, Méthos ne se soucia plus de Philophonos et de Mayumi. Il donna à chacun un oreiller et une couverture et lança une menace à quiconque oserait le réveiller avant 11H30 avant d'aller s'enfermer à la salle de bains.

- Alors, qu'est-ce que tu en penses ?
- Je comprends pourquoi tu l'aimes autant.
- J'aurais pensé que tu le trouverais désagréable au premier abord… Mais tant mieux. Je te laisse le canapé, je dormirai sur des coussins.
- Je suis étonnée qu'il y en ait autant par terre à ce propos.
- Méthos est né avant l'invention de la chaise…
- Tu me laisses le canapé par galanterie ou pour dormir plus près de lui ?
- Un peu des deux ?
- Je me disais bien.

Pendant cette conversation, Philophonos s'était aménagé un nid douillet entre le lit de Méthos et un mur. C'est à ce moment que Méthos sortit de la salle de bains… dans une tenue qui faisait rougir Mayumi et sourire Philophonos.

- Vous parliez japonais pour que je ne comprenne pas ce que vous disiez sur moi ?
- Non, c'est la langue dans laquelle on parle ensemble habituellement. Tu parles bien grec ancien avec moi.
- Pas en présence de Mayumi.
- Tu pourrais, je lui ai appris. Et puis on ne peut pas vraiment dire que tu étais " présent " pendant cette conversation.
- Je voulais juste signaler que j'aime qu'on parle une langue que je comprends chez moi. Je crois que le choix est assez large…

Méthos remarqua les aménagements de Philophonos pour la nuit.

- J'aurais du m'en douter.
- Tu as dit " n'importe tout tant qu'on ne gêne pas ".
- Tu es dans mon chemin vers le frigo. Tu risques de gêner.
- Je peux dormir avec toi si tu préfères, je ne gênerai pas, je me ferai tout petit, et je ne t'empêcherai pas d'aller au frigo si telle est ton envie.
- Par terre c'est très bien. Vous pouvez utiliser la salle de bains, mais il n'y a plus d'eau chaude.
- Comme c'est gentil de ta part.

Méthos ne répondit pas à ça, il était déjà couché et sous les couvertures.

- Méthos, tu dors ?
- Je dormais avant que tu ne me réveilles ! Je croyais avoir été clair : pas avant 11H30 !
- Il est 11H35.
- …du soir, Philophonos, ça ne fait même pas une heure que je dors.
- Ce n'est pas ma faute si tu es ambigu, je ne pouvais pas deviner que tu pensais 11H30 du matin.
- N'essaye pas de te justifier, tu m'as parfaitement compris. Tu me connais trop pour ne pas savoir que tout ce que je souhaite est une bonne nuit de sommeil.
- Je te connais assez pour savoir que tu as encore plein de choses à me raconter et plein de questions à me poser.
- Je suppose que tu ne me laisseras pas dormir, alors autant continuer notre " discussion "… Je rattraperai le sommeil perdu plus tard. Alors que veux-tu savoir ?
- Tout. Depuis la nuit dernière, tu ne m'as raconté que cinq siècles, il en reste encore dix-huit.
- J'en ai assez. D'habitude, j'aime raconter ma vie, mais je n'ai fait que ça de la journée ! Et toi, qu'as-tu fait pendant ces vingt-trois siècles ? Tu ne m'avais même pas dit que tu avais pris une élève.
- Il fallait bien que ça arrive un jour.
- Comment tu l'as rencontrée ? Elle a quel âge ?
- Ne me dis pas qu'elle t'intéresse où je la tue de mes propres mains.
- Ce n'est pas bien, fils. Je ne t'ai jamais enseigné ça. Je t'ai appris beaucoup de mauvaises choses, mais pas de tuer par jalousie non justifiée ses propres élèves. Et, non, elle ne m'intéresse pas particulièrement pour l'instant. C'était juste pour meubler la conversation.
- Ne m'appelle plus " fils ", je te l'ai déjà dit. Je l'ai rencontrée à Bagdad, il y a un peu moins de 400 ans.
- A Bagdad ? Tu vas à Bagdad pour rencontrer des Japonaises alors que tu vis au Japon ?
- Je ne vis pas continuellement au Japon depuis 2300 ans, Méthos, 400 ans en tout, tout au plus.
- Depuis que tu connais Mayumi.
- Non, j'y avais vécu avant et j'y suis retourné de temps en temps après, pas plus que ça. Tu sais, je n'ai pas avec Mayumi la relation que tu avais avec moi : elle vit sa vie depuis plus de 350 ans et nous nous revoyons au fil des rencontres.
- Je pensais que tu vivais avec elle… Ne me dis pas que tu n'as vécu avec personne d'autre que moi ?
- N'exagère pas. Je t'aime plus que les autres, mais pas au point de passer ma vie tout seul.
- Tu ne m'as pas dit comment tu l'avais rencontrée à Bagdad…
- C'est une longue histoire.
- Et nous avons l'éternité devant nous, mikroV FonoV. (Note : ça se lit mikros Phonos et ça veut dire " petit tueur ")
- J'aime encore moins quand tu m'appelles " tueur " que " fils ".
- Mais ça te va tellement bien, mon cher petit tueur de fils.
- Arrête ! !
- Je me venge parce que tu m'as réveillé. Alors Bagdad ?
- Non, je ne te dirai rien parce que tu es méchant.
- Gamin ! C'est toi qui voulais parler, pas moi ! Si tu ne dis rien, tant mieux, je me rendors !

Philophonos jeta à Méthos son regard de chien battu. Il n'y avait rien à dire, il semblait plus que sincère, à croire qu'il avait même les larmes aux yeux.

- Tu as changé, maître. Tu étais déjà désagréable avant, mais c'est ça qui te rendait si particulier. Mais là ça me fait bizarrement mal.
- Tu as peut-être perdu l'habitude ?
- L'idée ne te traverserait pas l'esprit que ça pourrait venir de toi.
- Non, tu sais bien que j'ai toujours était comme ça. Je ne me soucie pas des autres.
- C'est faux. Il fut un temps où tu te souciais de moi.
- Peut-être parce que tu étais le garant de ma survie ?
- Tu sais, Méthos, je te connais bien. Si tu es désagréable, c'est pour ne pas t'attacher. Ne t'inquiète pas, je ne m'accrocherais pas à toi comme dans le passé si tu ne veux pas de moi.
- Je suis heureux que tu le comprennes.

Philophonos était subjugué. Il pensait sincèrement qu'après toutes ces paroles, Méthos lui dirait qu'il tenait un tant soit peu à lui. Mais non. Méthos mentait souvent, mais il avait l'air tellement sincère dans les phrases qu'il venait de dire.

- Excuse-moi, maître. Je ne te dérangerai plus. Bonne nuit.
- Tu ne veux plus discuter ?

La voix de Méthos avait repris son ton enjoué habituel, mais il n'obtint pas de réponse de la part de son élève. Et bien il n'avait qu'à dormir, après tout, c'est ce qu'il désirait.

Comme tous les matins depuis plus de 5000 ans, Méthos sortit de son sommeil et ouvrit les yeux… pour les refermer à nouveau.
Comme tous les matins (ou presque) depuis 5000 ans, Méthos se demanda pourquoi les nuits n'étaient pas plus longues…
Et comme tous les matins depuis 5000 ans, Méthos se réveilla au-dessus des couvertures.

Sauf que ce matin-là (oups, cette après-midi-là, vu qu'il était 12H40), Méthos ne crierait pas sur son voisin. Il aurait préféré dormir encore un peu parce qu'il n'avait pas envie de parler avec Philophonos. Après avoir réfléchi, il s'était rendu compte qu'il avait du froisser réellement son élève. Il n'en avait pas eu l'intention, mais il n'avait pas envie de s'excuser non plus : ce n'était pas trop dans sa nature de regretter le passé.
Prenant son courage à deux mains, Méthos rouvrit les yeux et se tourna du côté de Philophonos.
Rien.
Et effectivement, il se rendit compte qu'il ne " sentait " pas sa présence, ni celle de Mayumi d'ailleurs. Pourtant, ça n'avait pas été un rêve ! Quand il lui arrivait de rêver de son élève, il le voyait comme dans les anciens temps, habillé comme un bon Crétois se devait de s'habiller à l'époque de sa mort, avec des cheveux longs et parlant tout sauf l'anglais ou le japonais.
Tout d'abord, il ressentit une grande tristesse en lui. Comme si le vide que Philophonos avait laissé toutes ces années et rempli dans la journée d'hier s'était approfondi. C'était peut-être plus facile de vivre en le pensant mort que de vivre sans lui tout en sachant qu'il était vivant.
Puis Méthos éclata de rire, comprenant l'ironie de la situation. Il avait toujours menacé Philophonos qu'il partirait un jour et que son élève se réveillerait tout seul, et une fois il avait mis la menace à exécution. Maintenant c'était à son tour de se réveiller seul et de regretter un être qu'il appréciait. Aimait ? Non, Méthos n'aimait pas vraiment Philophonos d'amour, comme il avait aimé Alexa. C'était différent, mais très fort aussi.
C'était peut-être mieux comme ça… C'était ce qu'il fallait se dire. Il avait surmonter beaucoup d'épreuves, ce ne serait qu'un coup dur de plus.
Un coup dur… très dur…

Il était sous la douche quand il " sentit " la présence d'un autre immortel. Mince, ils ne pouvaient pas trouver de meilleurs moments ?
Il empoigna d'abord son épée puis enfila rapidement quelque chose avant de sortir de la salle de bains.

- Je suis allé chercher des croissants, maître, tu en veux un ?



FIN (Et oui, je sais que ma chute et complètement débile, mais j'ai pas résisté au happy-end…)

Alors, réactions ? Est-ce que vous voulez que je (re-)tue Philophonos dans la prochaine ?

Ecrit par Flore.

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