
Halloweender : The source
Frédéric
zarkassAgmail.com
Nouvelle-Angleterre, Octobre 1825
Bon sang ce que ça faisait mal ! Albert avait beau en avoir l’habitude, se faire tailler en pièces lors d’un duel n’était jamais très agréable. Au moins cette fois-ci, il s’en était tiré sans devoir tricher ; heureusement que ce n’était qu’un mortel vaniteux. L’un des siens aurait certainement eu l’avantage. Pourtant, ce n’était pas faute de s’entraîner, mais il n’y avait rien à faire, il était aussi maladroit que distrait et incapable de se servir correctement d’une épée. Au mieux elle lui échappait des mains après quelques passes, au pire – cela lui était déjà arrivé – elle se brisait au plus mauvais moment, ne lui laissant qu’un tronçon inutilisable pour se défendre.
En titubant, glissant dans son propre sang coulant à flot de son corps tailladé, il gagna la rue principale, avant de réaliser que les passants le regardaient avec de grands yeux. Ses voisins, ses amis, tous le connaissaient, qu’allait-il bien pouvoir leur dire ? De plus, il était trop tard pour mourir, ses plaies se refermaient déjà suffisamment pour cela.
L’épicier s’approcha de lui, pâle, inquiet.
- Monsieur Howine ? Mon Dieu, mais… mais que vous est-il arrivé ?
- Ce n’est rien, Jack, c’est… c’est juste un déguisement.
- Un déguisement ? Que signifie…
- Pourquoi pas ? Un bal costumé en pleine rue, célébrant les sorcières et les fantômes, les monstres et les diables, ça nous changerait un peu, ça ferait un divertissement sympathique. Vous ne trouvez pas ?
- Et bien ma foi… pourquoi pas, en effet ? Mais vous auriez du nous prévenir, vous nous avez fait peur à surgir comme ça, couvert de sang !
- C’est justement le but ! Allons remettez-vous Jack. Dites, pendant que je vous tiens, elles sont mûres vos citrouilles ?
Et, masquant sa douleur qui de toute façon s’atténuait déjà, Al Howine passa familièrement le bras autour des épaules de l’épicier, qui songeait déjà au costume qu’il pourrait se fabriquer.
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